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5 octobre 2014 7 05 /10 /octobre /2014 22:16

 

PAR ET POUR LE PEUPLE !

Les événements depuis la rentrée ont évidemment confirmé que la crise sociale et économique se double désormais d’une aggravation spectaculaire de la crise politique. C’est maintenant une crise de régime. Elle peut se résumer à une question : sur quelle légitimité François Hollande s’appuie-t-il pour imposer au pays pareille politique ? C’est en effet insupportable que le mandat populaire pour tourner la page des années Sarkozy soit ainsi nié par la volonté d’un seul homme, piétiné et au final inversé. François Hollande pourra-t-il tenir deux ans ½ sans aucune adhésion populaire, avec une opposition interne dans sa majorité, avec un gouvernement sans majorité absolue lors du vote de confiance à l’Assemblée, alors qu’il enregistre défaite sur défaite, la dernière étant la perte de la majorité au Sénat et une désaffection massive des élus locaux ? Toute la déliquescence démocratique de la 5ème République se révèle dans cette interrogation. Cela nous impose désormais de chercher aussi une issue alternative sur le terrain de la souveraineté populaire, niée par la concentration oligarchique du pouvoir orchestrée par la double architecture institutionnelle qui nous surplombe : la 5ème République et l’Union Européenne, toutes deux au service de ceux qui gagnent les élections sans jamais s’y présenter, le MEDEF et le CAC 40.

Chaque jour qui passe depuis la rentrée voit la situation du pays s’aggraver

Cette rentrée a donc d’abord été marquée par le passage du gouvernement Valls 1 à Valls 2. Au-delà de répondre aux sorties critiques de Montebourg et Hamon, il s’agissait d’un cap supplémentaire et brutal dans la politique libérale menée. La nomination d’Emmanuel Macron à Bercy et la standing ovation de Valls au Medef ont envoyé un message clair à la finance et au patronat de combat : le gouvernement est avec vous. Les vannes sont ouvertes et les annonces concrètes ont alors suivi : assouplissement des seuils sociaux et du travail du dimanche, attaques scandaleuses de Rebsamen contre les chômeurs, relance des partenariats publics-privés notamment pour des grands projets inutiles, abandon de toute velléité d’encadrement des loyers et retour à une fiscalité avantageuse pour les promoteurs, remise en cause de la politique familiale résultant des exonérations sociales, et les errements fiscaux, etc… Devant ces courbettes empressées, le Medef se prend à rêver de casser tout ce qu’il reste de l’Etat social. Les dizaines de milliard de cadeaux du CICE et du pacte de responsabilité à peine digérés, voilà Pierre Gattaz et ses patrons de choc mettant sur la table la suppression de jours fériés et la fin de la durée légale du temps de travail. Ils auraient tort de se gêner : qui peut assurer désormais que ce qui paraît aujourd’hui comme une provocation patronale ne soit pas demain la feuille de route d’un gouvernement entièrement tourné vers la satisfaction toujours inassouvie des marchés et de la finance ? D’ailleurs qu’a promis Manuel Valls à la vraie Présidente de l’UE, Angela Merkel, lors de son déplacement à Berlin si ce n’est justement toujours plus d’austérité et de des dérégulations, toujours moins de protection sociale et de dépenses publiques ?

Pour un plan d’urgence sociale et écologique opposé à cette politique !

La crise provoquée par le capitalisme financier est profonde et totale. La population subit de plein fouet l’austérité généralisée : hausse dramatique du chômage, chute du pouvoir d’achat, difficulté à se loger et à se nourrir convenablement, etc … La politique de François Hollande ne peut pas marcher car la main invisible du marché ne finira pas par régler une crise dont elle est la cause. Pas plus en France qu’ailleurs comme le montrent les chiffres économiques de l’Italie et même de l’Allemagne au cours du premier semestre 2014.

Il faut lui opposer d’autres solutions. C’est pourquoi le Parti de Gauche engage une campagne autour de propositions d’un plan d’urgence sociale et écologique centré sur 15 mesures clés de rupture. Elles illustrent concrètement les changements immédiats à mettre en œuvre.

Cette politique, libérale sur le plan économique, l’est également sur le plan de la politique territoriale et de la réforme de l’Etat. Hollande s’apprête en effet à sacrifier l’organisation territoriale issue de la Révolution Française sur l’autel de l’austérité et de la compétitivité. La réforme territoriale, c’est la mise en concurrence généralisée des territoires à partir des métropoles et de grandes régions redessinées uniquement dans cet objectif. C’est la casse d’une République une et indivisible reposant sur le principe d’égalité des citoyens sur l’ensemble du territoire. Le Parti de Gauche engage donc une campagne nationale contre cette réforme, pour travailler à son retrait et dénoncer son caractère "déconstituant", car derrière elle c’est toujours l’affaiblissement continu de la souveraineté populaire dont il est question.

La politique de François Hollande ne vaut pas mieux sur la question environnementale. Au sommet de l’ONU pour le climat, les représentants français ont, comme les autres dirigeants mondiaux, orienté les négociations dans le sens de fausses solutions libérales. Ils n’ont pas entendu les peuples qui se sont exprimés pour des solutions de justice climatique. En s’engageant aux côtés des multinationales et des libéraux pour ces solutions de capitalisme vert, François Hollande a choisi sont camp pour préparer la Conférence COP 21 de 2015 à Paris. En France comme ailleurs c’est donc une mobilisation d’ampleur qui doit plus que jamais être d’actualité pour contraindre les Etats à prendre des mesures drastiques en matière d’émission de Gaz à effet de serre. Ce sera une campagne majeure en 2015.

D’ailleurs, si la loi sur la transition énergétique a enfin été présentée à l’assemblée, elle réaffirme de fait l’importance du nucléaire et pour le reste ne prévoit aucun moyen financier pour la mise en œuvre d’une réelle transition énergétique. Mais après tout que pouvait-on attendre d’une loi qui se targue d’écologie mais qui encense la croissance, même repeinte en vert ? La tolérance des destructions commises par des agriculteurs défendant aveuglément un modèle d’agriculture sans avenir alors que la répression s’abat sans pitié montre que l’éco agriculture du ministre de l’agriculture sert surtout à repeindre de vert le vieux modèle agricole productiviste au lieu d’avoir le courage politique d’en changer. C’est le cas lorsque la Confédération Paysanne, avec un soutien très large, refuse les fermes industrielles (ferme des 1000 vaches) ou dans la mobilisation contre la destruction de terres pour l’irrigation au profit de quelques gros agriculteurs (barrage du Testet). Le Parti de Gauche soutient et participe donc à toutes les mobilisations sur ces questions.

Enfin jamais sous la 5ème République, politique étrangère n’a été aussi caricaturalement atlantiste. Face aux massacres de Gaza, François Hollande a pris fait et cause pour le gouvernement israélien. En Ukraine il s’est aligné derrière la vision idéologique et géostratégique agressive des Etats-Unis et de l’OTAN dont la sortie devrait être, à l’inverse, une urgence. Le monarque a décidé seul d’engager le pays dans une guerre en Irak qui, comme toutes les guerres menées là-bas par les Etats-Unis, ne réglera aucun problème mais au contraire les aggravera. Nous ne nous laisserons pas entraîner dans une pseudo unité nationale sous prétexte de lutte anti-terroriste. Daesh, comme tous les groupes intégristes, est évidemment notre adversaire mais on ne peut donner à des pyromanes le soin de jouer aux pompiers. Toute solution doit passer par l’ONU, par son soutien aux Etats et populations concernés en premier lieu par cette menace intégriste mais aussi par un règlement international de la situation dans cette région du globe qui passe déjà par le respect et l’application de toutes les résolutions de l’ONU. Engagé ainsi derrière Washington, François Hollande empêche la France de jouer un rôle politique en ce sens. Par ailleurs, ces positions atlantistes ont pour vocation à détourner les citoyen-ne-s des véritables préoccupations sociales et économiques en légitimant le choc des civilisations et en renforçant la figure utile de « l’ennemi de l’intérieur ». On ne saurait ainsi accepter que les citoyens français d’une religion donnée (ici l’Islam) soient appelés à se justifier de leurs origines ethniques ou religieuses au titre d’une union nationale belliciste.

La politique menée est catastrophique, quel que soit le domaine, économique, social, politique, international mais aussi environnemental.

En finir le plus vite possible avec la politique du gouvernement Valls-Hollande !

Pour le bien du pays, il faut donc en finir vite avec cette politique. Dans un ouvrage paru en 2006, François Hollande expliquait que lorsque la politique d’un président était aussi clairement refusée par le peuple, il devait y avoir la possibilité d’une « vérification démocratique » à mi-mandat. On voit bien en effet que le principe de révocabilité des élus à travers la possibilité de convoquer un référendum démocratique éviterait le blocage dans lequel nous entraîne un pouvoir tous les jours plus délégitimé. La révocabilité de François Hollande devrait pouvoir ainsi être soumise à un peuple dépossédé du pouvoir politique. Ce principe sera donc la première bataille concrète du Parti de Gauche en faveur de la 6ème République à travers l’organisation d’une votation citoyenne pour le droit de révoquer les élus.

Interrogé sur ce principe lors de sa conférence de presse du 18 septembre, François Hollande a botté en touche en invoquant la confiance que venait d’accorder l’Assemblée nationale au gouvernement Valls 2. C’est un fait. Même si en n’obtenant pas la majorité absolue, Manuel Valls est ressorti affaibli du vote de confiance, il a pu dans la foulée affirmer : « il n’y pas de majorité alternative à l’Assemblée ». Les dissidents de sa majorité – député-e-s EELV, frondeurs PS, MRC – étaient pourtant en nombre suffisant pour le renverser mais ils ne l’ont pas fait, abdiquant le pouvoir qui leur est confié par le peuple. Ils ont donc donné au Premier ministre la possibilité de continuer à saccager le pays.

Ce n’est pas de l’Assemblée nationale qu’est venue la solution. Par les artifices autoritaires de la 5ème République, François Hollande et Manuel Valls sont parvenus à dégrader davantage encore la crédibilité du parlement.

Le Premier ministre, mais aussi la grande majorité de son parti (les frondeurs ne peuvent faire oublier le rapport de force en son sein) sont convaincus d’avoir passé l’obstacle. Ils se trompent : cet épisode leur a seulement laissé un répit aussi sûrement que leur politique est mauvaise pour le pays.

C’est le peuple en action qui peut faire ce que l’Assemblée n’a pu – voulu – opérer : mettre fin au Gouvernement Valls qui poursuit la politique de François Hollande. Cela commence par les mobilisations progressistes et la rue. C’est pourquoi le Parti de Gauche soutiendra toutes les luttes sociales, écologiques et citoyennes dans le pays dont la journée d’action proposée par la CGT le 16 octobre.

Nous proposerons également une manifestation pour s’opposer à la politique du gouvernement à tous les potentiels partenaires (partis, associations, syndicats) à commencer par le Front de Gauche et le collectif Alternative à l’Austérité (ex 12 avril). Le 5 octobre, l’extrême droite et les réactionnaires de tous poils ont réédité la manif pour tous. Cela leur est d’autant plus aisé que le gouvernement leur a laissé un boulevard en leur donnant régulièrement des gages. Il n’est donc pas question de leur laisser le moyen d’apparaître comme la seule forme possible d’opposition au gouvernement sur leurs valeurs réactionnaires. Nous proposons notre manifestation à mi-mandat présidentiel, soit en novembre, pour le symbole mais aussi parce qu’elle tombe en plein vote décisif du budget.

Cette proposition répond aux exigences du court terme dans lequel le Parti de Gauche compte bien prendre toute sa place : en finir avec la politique menée le plus rapidement possible et exiger la démission du gouvernement Valls comme nous l’aurions fait pour n’importe quel gouvernement de droite qui serait dans sa situation. Au delà des mots d’ordre unitaires, le Parti de Gauche y défendra aussi le principe de révocabilité des élus au moment où d’autres pays s’y ouvrent.

Sortir par le haut : la 6ème République et la Constituante

Rien ne dit que François Hollande tiendra deux ans 1/2, la politique menée nous promet le pire. Le haut ne peut plus, le bas ne veut plus : le « qu’ils s’en aillent tous » va toujours plus dominer la période. La prochaine élection présidentielle ne sera donc pas une alternance tranquille. Elle prendra inévitablement les aspects d’une insurrection. Le problème c’est que pour le moment le volcan s’est ouvert sur son mauvais versant. Depuis deux ans, le FN se nourrit en effet de la politique menée et de la promotion qui lui est faite. Marine Le Pen au 2ème tour n’est aujourd’hui plus une crainte mais une probabilité de plus en plus forte. Ce qui est nouveau c’est qu’on ne peut plus exclure qu’elle gagne. Avec sa vision ethniciste et néo-fasciste, le FN s’adosse désormais à un discours antilibéral trompeur. UMP et PS jouent avec le feu en espérant un duel avec lui dans l’espoir cynique de l’emporter. Ils ont tort : face aux représentants d’un libéralisme en échec, celui de droite ou d’un PS discrédité (et donc bien mal placé pour jouer cette fois du vote utile), l’appel démocratique ne suffira pas pour mobiliser l’électorat contre la menace Le Pen.

Voilà ce à quoi nous devons faire face. Nous devons trouver la solution pour que notre « camp », celui d’une république sociale et écologique, soit au 2ème tour et en capacité de l’emporter. Comment ? En permettant au peuple de se réapproprier la politique. Le Parti de Gauche propose pour solution la construction du mouvement pour la 6ème République et une assemblée constituante. Cette bataille, qui était déjà au cœur des plus grandes initiatives de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon et de la marche du 5 mai 2013, est plus que jamais d’actualité. Mais il s’agit cette fois de matérialiser le Front du Peuple que nous appelons de nos vœux.

Nous devons partir de l’analyse tirée de l’échec du Front de Gauche aux européennes car nous n’avons pas atteint nos objectifs : le PS s’est bien écroulé mais le Front de Gauche n’est pas passé devant. En mobilisant ses électeurs de la présidentielle, le Front National a profité de l’abstention massive qui est la marque d’une démocratie d’apparat. L’absence de stratégie nationale commune aux municipales, la division qui en a résulté, nous a rendus largement illisibles. Les alliances du PCF avec le PS lors des élections municipales ont ramené le FdG dans le « système », qui est apparu comme un cousin très critique, mais un membre de cette famille de la gauche qui gouverne.

De plus, notre stratégie originelle était de réunir l’autre gauche pour changer le rapport de force face au PS. Elle a montré sa limite. Elle a très bien fonctionné jusqu’aux Présidentielles en sortant « notre gauche » de la marginalité pour en faire un outil incontournable. Mais après trois ans de présidence Hollande, la référence à la gauche se trouve dévaluée et les citoyens désorientés en profondeur par sa politique. Cette stratégie est en capacité de mobiliser encore la partie la plus politisée de l’électorat mais elle ne nous permet pas de convaincre au-delà tous ceux qui nous assimilent au système. Comme l’affirment nos camarades de Podemos, « le système n’a plus peur de la gauche, il a peur du peuple ». Ce qui signifie en retour que le peuple ne compte plus sur LA gauche pour changer le système. Il faut donc être désormais capable de construire une alternative qui ne dépende pas de forces du système libéral, qui ne dépende donc pas des alliances avec le PS même affaibli.

Pour un grand mouvement pour la 6ème République

Le mouvement pour la 6ème République initié par Jean-Luc Mélenchon a donc pour vocation d’être une alternative concrète et rapide à la crise démocratique qui sévit. Il pose donc franchement la question du pouvoir par et pour le peuple. Le peuple, ce sont ces millions de salarié-e-s, précaires et chômeurs, jeunes ou retraité-e-s, victimes du capitalisme financiarisé, isolés par le démantèlement des solidarités sociales, souvent relégués dans les zones périphériques où ils subissent une inégalité spatiale, sociale et économique. Ce sont ces usagers en lutte contre la fermeture d’un service public, ces habitants qui refusent de laisser des multinationales s’accaparer les biens communs (eau, énergie, transports, etc.) et saccager l’écosystème humain. C’est dans l’exigence de la souveraineté dans la cité que ces milliers de citoyen-ne-s aux vies éclatées et individualisées prennent conscience de leur unité et défendent l’intérêt général. C’est pourquoi le principe de la convocation d’une assemblée constituante - indissociable de l’appel à la 6ème République - n’est pas seulement une méthode, c’est en réalité l’expression d’une volonté : que le peuple redevienne souverain. C’est un moteur essentiel. C’est donc à toutes celles et ceux mobilisés dans cette campagne qu’il revient de dessiner ce que pourrait être une 6ème République. Le PG y prendra évidemment place comme les autres pour promouvoir sa conception de la 6ème, en proposant par exemple : le pouvoir revenant au parlement, en finir avec le fait que la politique soit une carrière réservée à une minorité, instaurer une république sociale, la règle verte, bref que le peuple soit souverain partout et tout le temps y compris pour contester le pouvoir démesuré accordé au capital avec le renforcement des droits des salariés dans les entreprises. La constitution de la 6ème République devrait être également l’occasion de proclamer de nouveaux droits fondamentaux de la personne pour reconquérir l’égalité civile et sociale, et ce quels que soient les lieux de résidence, en métropole comme pour les Outre-mer. Car nous voyons la 6ème République comme une réponse globale dans un moment où le capitalisme prive le peuple de sa souveraineté, et non une approche institutionnelle.

Mais nous le ferons comme tous ceux qui y contribueront. Car ce mouvement auquel le PG entend œuvrer ne lui appartient pas, pas plus qu’il ne doit appartenir à un cartel de partis ou à un homme.

Le Parti de Gauche fera des propositions dans le cadre du M6R pour mettre en mouvement la société pour une Constituante et la 6ème République. Nous proposerons par exemple une campagne de terrain fondée sur des méthodes novatrices en provoquant des porte-à-portes, des ateliers constituants, des prises de « Places de la 6ème République », et tout ce qui participera à la libération des énergies pour créer du débat et de la mobilisation citoyenne.

Pour convaincre la population de la pertinence de ce projet, il est nécessaire de lui démontrer qu’il lui est utile ici et maintenant. En aboutissant par exemple à des actions concrètes auprès des habitants et dans leurs quartiers pour ainsi les aider à résister dans l’enfer néolibéral qui met aujourd’hui nos vies en danger. Cela contribuerait à donner des outils aux habitants pour s’organiser contre les propriétaires d’immeubles qui refusent les réparations, contre les coupures d’électricité et contre les coupures d’eau. Nous montrerions ainsi que la 6ème République dépasse le seul projet électoral. Elle est bien une action immédiate se poursuivant avec les citoyens pour leur permettre de se réapproprier leur quartier, leur ville, leur entreprise, leur pays.

L’objectif est ambitieux et la tâche immense : remettre en mouvement au moins une partie des millions d’abstentionnistes des dernières Européennes par l’implication citoyenne. L’élection présidentielle à venir ne doit pas reproduire le match de 2012. Il faudra tourner la page de ce système politique, de son modèle économique et sa soumission aux traités européens. Nous voulons faire de la 6ème République notre candidate. C’est à dire que l’abolition de la monarchie présidentielle, et la souveraineté du peuple sont nos objectifs.

Le succès de la plateforme internet du mouvement pour la 6ème République qui, fin septembre, a déjà recueilli plus de 40 000 signatures en trois semaines confirme la pertinence de ce mouvement citoyen. L’objectif est d’atteindre 100 000 rapidement. La qualité et la diversité des différents appels prouvent également qu’un mouvement d’opinion peut s’enclencher et rendre cette idée majoritaire.

Il est vrai que les événements politiques nous aident. Comment en effet s’intéresser à ces pantins que rien ne différencie et qui prennent leurs ordres à Berlin, Bruxelles ou au siège du Medef ? Tout ce monde est à bout de souffle. Le mouvement pour la 6ème République est à la fois la façon de dire « qu’ils dégagent » et de présenter une solution alternative radicalement différente de tous les partisans de la monarchie présidentielle que sont le PS, l’UMP comme le Front National…

Trois mois décisifs pour le Front de Gauche

Pour le Parti de Gauche, le mouvement pour la 6ème République n’est pas un prolongement ou un remplacement du FdG. Bien sûr nous espérons convaincre l’ensemble du FdG de participer activement avec nous à ce processus à condition, comme n’importe quel parti, PG compris, ou alliance de partis, d’accepter que ce mouvement citoyen le dépasse. C’est la condition d’une révolution citoyenne. C’est d’ailleurs là encore ce que nous écrivions ensemble au sujet du Front du peuple. Le FdG a sa propre fonction, ses propres campagnes, sa propre utilité à engager des rassemblements avec tous ceux qui s’opposent clairement à la politique du gouvernement car construire un mouvement citoyen n’est pas contradictoire avec la nécessité de renforcer les corps intermédiaires qui se battent dans le même objectif. Nous soutenons la proposition d’Ensemble de tenir des assises lancées par le FdG même si nous ne pensons pas qu’elles suffisent pour susciter la large implication citoyenne que la période réclame. C’est cependant utile à la condition qu’elles ne nous entrainent pas dans des jeux de recomposition et de rapports de force internes au PS et plus globalement à la majorité gouvernementale. Il n’y a pas d’un côté un gouvernement qui mènerait une politique libérale et de l’autre un PS qui y serait majoritairement opposé, ce qui ne nie pas pour autant l’existence de militants du PS sincèrement révoltés par les politiques menées. Mais c’est bien le PS qui s’est majoritairement converti à la ligne européenne libérale comme l’avait fait avant lui les autres partis sociaux-démocrates européens. Il n’est ainsi pas question de servir de soutien externe à une solution Aubry en lieu et place de François Hollande qui aurait pour objectif de maintenir la centralité des socio libéraux avec une candidature soi-disant plus présentable pour 2017. Les assises doivent donc réunir uniquement des forces et personnalités qui rompent clairement avec la politique de François Hollande et de Manuel Valls. Le positionnement de Nouvelle Donne, de la gauche d’EE-LV ou encore du NPA leur donne déjà toute leur place dans cette démarche.

Le PG se félicite du climat et des discussions à l’assemblée générale du 6 septembre tout comme dans les débats de la Fête de l’Humanité. Le PG est en effet attaché à un FdG qu’il a cofondé et dont il a été le seul à défendre la pérennité pendant très longtemps. Mais les débats décisifs sont devant nous. Le FdG ne pourra en effet pas rééditer en 2015 le scénario des deux dernières années, sans stratégie commune et nationale aux élections. Il doit donc en avoir une identique pour les deux élections de l’an prochain. Les premières, les départementales, devant avoir lieu en mars, il lui faut donc être capable d’aboutir rapidement, début décembre au plus tard. Il faudra renouer pour commencer avec la stratégie d’autonomie vis à vis des forces du système à commencer par le PS. Pour le PG, c’est la première condition des candidatures que présentera ou soutiendra le FdG. Nous ne sommes donc pas d’accord avec la notion de « rassemblement de gauche très larges permettant de faire gagner des politiques progressistes pour les territoires qui seront autant de forces de résistance à l’austérité » avancée lors CN du PCF. C’est quasiment mot pour mot ce qui a permis de justifier des alliances à géométrie variable aux municipales. Nous espérons que la convention du PCF de début novembre reviendra sur cette option. C’est nécessaire pour que le FdG retourne enfin au cœur de sa stratégie électorale pour être dans les conditions de se présenter ensemble l’an prochain aux élections.

Vers des listes d’initiative citoyennes aux départementales et aux régionales

C’est le CN du PG de novembre qui adoptera notre stratégie définitive et le contenu de notre campagne pour les départementales. Au-delà du caractère national des deux élections de 2015, nous posons dès maintenant la nécessité de l’implication citoyenne. Il est impossible de soutenir d’une part la création d’un mouvement citoyen en vue de gagner les élections de 2017 et d’autre part de se contenter de cartels de partis pour les élections de 2015. À tous ses partenaires potentiels refusant la politique libérale et productiviste du gouvernement, le PG met donc dès maintenant sur la table la nécessité d’une affirmation nationale d’autonomie par rapport à cette politique et aux forces qui la soutiennent et d’une véritable dynamique citoyenne au service d’une stratégie conquérante et d’un programme cohérent. A l’exemple de ce qui s’est fait aux municipales à Grenoble. Pour les élections de mars 2015, cela pourrait déjà passer par des collectifs d’initiative citoyens par cantons associant les partis, en cohérence au minimum sur le plan départemental, et les citoyens engagés dans la campagne. Nous devons réfléchir aux conditions d’une campagne nationale incluant pour ces comités l’élection de leurs candidat-e-s.

Un Parti de Gauche en mouvement pour faire place au peuple

Face à une situation instable, le PG doit plus que jamais être en mouvement. La situation est grave mais des failles existent déjà, raison pour laquelle nous décidons de porter un effort militant important à la 6ème République et à la diffusion du M6R, Mais d’autres failles peuvent survenir à tous moments. Par exemple lors d’une explosion de colère sociale ou un accident de parcours dans le dispositif de l’actuelle majorité au pouvoir. Le PG doit être en capacité d’épouser toutes les temporalités de l’action sans en abandonner une seule, en les liant sans toujours les confondre et en acceptant de se donner des priorités selon le moment.

Celle du temps court nous impose de rassembler le mouvement le plus unitaire possible pour créer les conditions d’un renversement du gouvernement Hollande-Valls notamment à travers la manifestation de mi-mandat que nous proposons ou les assises initiées par le FdG. C’est aussi dans ce temps court que prennent place les mobilisations auxquelles nous devons et devrons répondre que ce soit contre la guerre de l’OTAN, le scandale du logement ou de la santé et plus globalement tout ce qui permettrait l’émergence d’un mouvement social… Mais aussi les campagnes nationales, unitaires ou pas, contre le TAFTA, la réforme territoriale, sur les mesures d’urgence sociales et écologiques ou « l’eau est un bien commun » qui vont toutes disposer rapidement de matériel pour se déployer.

Celle du temps moyen qui va nous voir travailler partout à construire le M6R pour faire de la 6ème République notre candidat contre l’ordre établi et les certitudes du vieux monde.

Le temps long, c’est l’horizon de l’écosocialisme que nous entendons construire comme une alternative globale et internationale face au capitalisme.

Il est déjà tard dans le siècle. Mais le PG n’entend pas se résigner à un avenir tragique. Au contraire la possibilité de construire une autre conscience collective dans la société est toujours à notre portée. Nous voulons montrer que la voie pour des jours meilleurs existe et qu’elle est enthousiasmante. Elle passera par et pour le peuple.

Le 5 octobre


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