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13 février 2016 6 13 /02 /février /2016 19:53
Référendum Notre-Dame des Landes : encore une entourloupe politicienne

Plongé dans ses magouilles politiciennes de remaniement de façade, François Hollande a cru trouver la parade pour permettre à Emmanuelle Cosse d’accepter d’entrer au gouvernement sans trop donner l’impression de s’être vendue pour un plat de lentilles. Il a donc annoncé hier l’organisation d’un référendum local.

Mais immédiatement se posent deux questions : qui seront les électeurs et sur quelle question ? Or une collectivité locale ne peut organiser de référendum ou de consultation que sur un sujet relevant de sa compétence. Qui est compétent pour cet aéroport ? L’État semble-t-il puisqu’il a émis la déclaration d’utilité publique. Ensuite pour que le résultat d’un référendum soit validé, il faut la participation d’au moins 50% des inscrits et évidemment la majorité des votants. Enfin quel contenu ? Car la réponse peut varier énormément selon la question.

On voit qu’une nouvelle fois, F. Hollande a ficelé une entourloupe politicienne sans se préoccuper de la suite. Après sa volonté de piéger la droite en constitutionnalisant la déchéance de nationalité, il essaie maintenant de duper les opposants à l’aéroport de Notre-Dame des Landes.
Assez de tergiversations, cet aéroport doit être abandonné.

 

Le Parti de Gauche appelle à se joindre au rassemblement national contre ce projet et les expulsions qui aura lieu le samedi 27 février.

 

Vendredi 12 Février 2016

Martine Billard secrétaire nationale à l'écologie du Parti de Gauche

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10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 09:41
Les primaires, ou le casting de la tambouille

Un petit monde de responsables politiques et médiatiques s’agite sur "Le" débat des primaires pour la présidentielle. Il faudrait à tout prix désigner un candidat commun pour toute la "gauche". Toute la "gauche", mais de quoi parlons-nous? Le programme "l’humain d’abord" défendu en 2012 par Jean Luc Mélenchon ou le bilan anti-social, anti-écologique et anti-républicain de Hollande et du gouvernement Valls? Dites, il n’y aurait pas comme un gouffre entre les deux? C’est bien flou tout cela. Et comme le signalait Martine Aubry, "quand c’est flou, y’a un loup"… Et le loup se cache à peine !

Tiens, les tenants des primaires pour la présidentielle ne proposent pas de méthodes équivalentes pour désigner les candidat-e-s à la législatives. Étrange, non? En début de semaine, Cécile Duflot se déclarait d’ores et déjà candidate dans "sa" circonscription de Belleville Ménilmontant. Mais quelle autoproclamation, devraient s’écrier certains et certaines! Et si l’engouement pour les primaires servait à réunir celles et ceux qui aimeraient d’abord et avant tout bénéficier d’une bonne conscience pour continuer une petite tambouille de répartition des circonscriptions, histoire de se garder un siège au parlement au chaud ou d’en gagner un? Est-ce être mauvaise langue ou vouloir briser la langue de bois que de le supputer?

Un point commun semble se dégager des plus ardents défenseurs des primaires réunis à la Bellevilloise, hormis l’opposition importante et respectable à la constitutionnalisation de la déchéance de la nationalité: l’affirmation de l’enjeu de défendre une VIe République. Mais par quel miracle une primaire de toute la "gauche" permettrait donc d’aboutir à la défense de la VIe ? Surtout si ceux qui ont abusé des rouages antidémocratiques de la Ve, à coup de 49-3 et d’état d’urgence pour imposer les lois antisociales et criminaliser celles et ceux qui les contestent participent à la même primaire comme les Valls, Macron et Hollande!

Pourquoi ne pas défendre d’abord et avant tout un-e candidat-e qui s’engage clairement à supprimer sa fonction de Président-e une fois élu-e en convoquant une assemblée constituante pour en finir avec la monarchie présidentielle et le système oligarchique qu’elle renforce? Je connais quelqu’un qui a rassemblé 4 millions de voix sur ce programme et a organisé des marches pour la VIe rassemblant plus de 100.000 personnes!

Par ailleurs, lorsque l’on défend la VIe République, même si la rupture avec les institutions de la Ve ne se limite pas à cela, on soutient a minima le renforcement du parlementarisme. L’élection des futurs député-e-s est donc centrale. Pourquoi les tenants de la primaire ne proposent-ils pas une réelle implication citoyenne dans la désignation des futur-e-s candidat-e-s?

Mais voilà, lors de cette première soirée des partisans de la primaire, Yannick Jadot a annoncé que l’objectif serait ensuite de partager les investitures aux législatives sur la base des résultats de la primaire. PS, PCF et EELV main dans la main en 2017? Hollande en rêvait, la primaire le ferait? L’élan de la primaire semble bien se réduire au cache-sexe d’un partage des circonscriptions à l’ancienne dans une arrière-boutique. Pourquoi? Les députés partisans d’une primaire ne semblent pas prêts à se soumettre aussi à une primaire dans leur circonscription. Organiser 577 primaires serait-il trop compliqué? Parce que les partis craindraient de perdre le financement public lié aux voix obtenues aux législatives?

Arrêtons donc toute cette petite tambouille. Si on souhaite réellement permettre au peuple de prendre le pouvoir, commençons par assumer de trancher la question centrale: Est-il possible de mener une politique qui réponde aux urgences sociales et aux impératifs écologiques? Est-il possible d’appliquer le programme pour lequel on se présente? La crise grecque de cet été permet à celles et ceux qui avaient encore des doutes, de prendre conscience que la réponse est non si l’on reste les bons élèves soumis aux politiques libérales européennes. La présidentielle, forcément couplée à la législative, exige de trancher entre celles et ceux qui assumeront un programme de désobéissance, une stratégie du rapport de force, quitte à rompre avec l’Eurogroupe et les traités si la souveraineté du peuple est en jeu et les autres qui abdiqueront voire poursuivront l’anticipation des injonctions de réformes structurelles ordolibérales dictées par Bruxelles.

Vouloir engager des primaires de toute la "gauche", sans même le moindre débat programmatique revient à se ranger derrière le PS qui, d’ailleurs vient d’assumer ce weekend qu’il n’aurait pas de programme pour ces deux élections nationales majeures! Et le PS vient de se déclarer prêt à une primaire de Mélenchon à Macron si chaque candidat s’engage à se ranger derrière le gagnant. On imagine déjà Macron soutenant Mélenchon et inversement ! Pas de suspens, soit ces primaires n’auront pas lieu, ce qui est le plus probable, soit elles se traduiront en un affrontement de tous les lieutenants aspirant à un ministère, une circonscription pour eux-mêmes ou pour leur formation politique. Et à l’arrivée, sans hasard, le candidat le plus conforme aux intérêts du système, désigné favori des instituts de sondage sera choisi… La primaire censée éviter Hollande aboutira à la poursuite de la politique de Hollande, inévitablement.

Et le peuple dans tout ça? N’en déplaise au Parisien qui manipule son opinion autant qu’il cherche à la façonner, il s’en fiche. Il s’en contre fiche! Procédons donc de façon plus claire et assumée. Jean Luc Mélenchon a rassemblé 4 millions de voix en 2012 pour la VIe République. Initiateur du Sommet internationaliste du plan B, il ne capitulera pas comme Alexis Tsipras. Au Parti de Gauche, nous pensons qu’il serait le candidat idéal pour lancer un mouvement citoyen où chacune et chacun, encarté ou non, aurait toute sa place. Que ce mouvement élabore le projet au service de la redistribution des richesses et de la transition écologique en réactualisant le programme "l’humain d’abord" qui tout en étant une bonne base, en a grand besoin. Qu’il désigne les candidat-e-s pour les 577 circonscriptions sur la base une femme/un homme=une voix. Mais surtout, que ce mouvement agisse concrètement dans les luttes. La conscience se réveille par l’action!

Tiens, nombre de participant au débat des primaires de la Bellevilloise étaient curieusement absents jeudi dernier à Nation pour exiger la relaxe des 8 syndicalistes de Goodyear… Mais si nous sommes nombreux à ne pas nous sentir concernés par des primaires avec des dirigeants qui mettent des syndicalistes en prison, peut-être que les tenants de ces primaires ne se sentent pas non plus concernés par cette bataille… Le peuple tranchera, non pas dans les primaires mais dès le 1er tour de l’élection présidentielle.

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Mardi 9 Février 2016

Danielle Simonnet - Conseillère de Paris et coordinatrice du Parti de Gauche -

 

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21 janvier 2016 4 21 /01 /janvier /2016 09:13
Crédit photo Photo Miguel Medina. AFP

Crédit photo Photo Miguel Medina. AFP

Eric Coquerel, coordonnateur du Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon, écarte une nouvelle fois la primaire, et espère la naissance d’un nouveau mouvement à gauche en vue de 2017.

C’est une petite phrase glissée aux lignes 220 et 221 d’une résolution politique présentée par les membres de la direction du Parti de gauche, ce week-end, au conseil national de la formation fondée par Jean-Luc Mélenchon. Pour eux, l’élection présidentielle de 2017 est «l’occasion de se traduire par la construction d’une nouvelle force politique». Le PG propose ainsi d’en finir avec le Front de gauche qui avait porté la candidature Mélenchon en 2012 mais s’est perdu depuis en difficultés stratégiques et électorales. Le Parti de gauche propose, certes, de «commencer» par un cartel regroupant PCF et autres forces de la gauche radicale pour «construire» cette «nouvelle force». Mais à condition que ces derniers acceptent enfin de se fondre avec eux dans une seule et même formation. Avec un candidat pour 2017 déjà désigné : Jean-Luc Mélenchon. Explications du coordonnateur du PG, Eric Coquerel.

Cette semaine le débat et l’appel en faveur d’une primaire a fait parler beaucoup de personnes à gauche. Pas trop au Parti de gauche : vous n’êtes pas intéressés ?

Je considère que l’appel de la semaine, c’est celui en solidarité avec les Goodyear, lancé en même temps, et qui atteint 75 000 signatures ce vendredi contre 25 000 à celui sur la primaire. J’ai bien vu et lu que, cette semaine, la primaire a pris beaucoup plus de place dans certains médias alors que manifestement, dans «le peuple de gauche», la réalité est différente. L’appel de la primaire a du mal à passer la seconde alors que celui de Goodyear est dans la dynamique. Après, je veux bien répondre à votre question : je n’ai pas l’impression que l’on soit les seuls à gauche à ne pas s’enflammer avec la primaire. On ne doute pas de la bonne volonté de certains signataires mais l’idée de trouver un candidat unique de toute la gauche est irréaliste. Chacun comprendra qu’on ne peut réduire l’écart entre deux lignes aujourd’hui opposées à gauche en les contractant dans une seule figure ! Les électeurs n’y croiraient d’ailleurs pas. C’est au suffrage universel de trancher entre de telles différences de stratégie et de programme. D’ailleurs depuis lundi, cet appel a progressivement évolué : au départ, il était critique envers le gouvernement et maintenant semble en passe d’être digéré dans la stratégie du PS qui y voit une contribution au rassemblement autour de François Hollande au nom du vote utile. A l’inverse, j’ai senti un certain mépris grandissant envers nous et celui qui a été notre candidat commun, Jean-Luc Mélenchon. En définitive, à qui profite cet appel à la primaire de toute la gauche ? Même si tous ses initiateurs, dont certains proches de nous, ne le voyaient pas ainsi au départ.

En même temps, lorsqu’on vous parle d’une primaire sans le PS, seulement avec «l’autre gauche» vous bottez également en touche…

C’est vrai, on n’a jamais été très emballé par la primaire. Je trouve que ça accélère les travers de la Ve République : c’est une machine à multiplier des candidats, à personnaliser et à compliquer les choses sans avoir un résultat probant au final. Souvenons-nous qu’en 2007, nous avons procédé à une sorte de primaire pour trouver une candidature commune de la gauche antilibérale. Finalement, notre espace a été représenté par trois candidats à la présidentielle avec la marginalisation que l’on sait à la clé…

Or, la période est plus grave et la situation plus dangereuse qu’à l’époque : le FN frappe à la porte du pouvoir, Valls et Hollande sont en train d’enterrer la gauche et notre espace politique est en méforme. Si, dès le départ, nous avions été capables de construire un mouvement commun, avec des structures de base communes autour d’un programme, d’un projet je ne dis pas, mais cela n’a pas été le cas. Nous sommes restés un cartel de partis. On ne peut donc plus perdre du temps à dix-sept mois de la présidentielle. Je propose de nous concentrer sur l’essentiel et nos atouts.

Mais il reste tout de même le Front de gauche, non ? Ou bien, c’est la fin ?

Le Front de gauche a été une force propulsive jusqu’en 2012. Après l’élection présidentielle, il a été incapable de capitaliser sur le résultat de Jean-Luc Mélenchon parce qu’il a raté tous les moments où il aurait pu devenir autre chose qu’un cartel de partis. Je ne renie pas cet acquis, il était nécessaire parce qu’en 2008, l’urgence c’était d’en finir avec l’émiettement mortifère de l’autre gauche. Mais là, s’il a encore un rôle, ce doit être de travailler à tout autre chose. La présidentielle peut en être l’occasion. C’est en effet encore le moment où notre pays s’intéresse massivement à la politique. On doit bien sûr se donner les moyens pour trouver un candidat crédible pour espérer accéder au second tour et en capacité de fédérer et de représenter notre espace. Mais ce n’est pas tout. La présidentielle doit aussi servir à déboucher sur un nouveau mouvement qui, cette fois, ne doit pas être un cartel, mais une force qui repose sur des comités de campagne et de réseaux citoyens et qui préparera en même temps les présidentielles et les législatives. On doit donner envie aux citoyen-ne-s de s’impliquer. Ce mouvement se construira en marchant : dans la campagne, pour élaborer son programme et l’idée c’est de le pérenniser ensuite. Il y a de la disponibilité pour cela, encore une fois regardez le succès de l’appel Goodyear, encore faut-il donner envie aux gens de s’y associer. Bien sûr les conditions sociales, le contexte économique, la faiblesse de l’extrême droite, la différence de mode de scrutin sont très différents en Espagne ou en Grèce, mais je remarque que le point commun des toutes forces qui émergent aujourd’hui en Europe c’est leur unicité, ce sont des seuls et mêmes mouvements pas des cartels. On ne peut pas dire qu’il faut recomposer le paysage politique et ne pas commencer par le faire vraiment.

Mais aujourd’hui, chez vous, la question a l’air d’être tranchée, Jean-Luc Mélenchon sera votre candidat ?

Le candidat que soutiendra le PG sera d’abord celui d’un vrai renouvellement politique : celui d’une VIe République pour en finir avec la monarchie républicaine actuelle. Il devra en tout cas correspondre à cette nécessité de recomposition et avoir non seulement la volonté mais aussi la capacité d’entraîner un tel mouvement. De ce point de vue, tout le monde n’est pas interchangeable, ce n’est pas vrai. Je considère, je parle en mon nom et non au sien, que celui qui nous a menés à plus de 4 millions de voix en 2012 et qui, depuis, manifestement, conserve cette capacité d’attraction dans le pays, est le mieux placé pour nous aider à bâtir cette ambition et à bousculer le tripartisme. Mais cela ne devrait pas vous étonner.

Mardi 19 Janvier 2016

Lilian Alemagna et Rachid Laïreche

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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 08:02
LES PRIMAIRES À GAUCHE ?

Je n’avais pas prévu de m’exprimer sur le sujet des primaires à gauche lancées par Cohn-Bendit et « Libération » car je ne veux m’opposer à rien, même si je ne m’y associe pas pour des raisons qui sont très anciennement formulées (mon livre de 2007 « En quête de gauche » et « L’autre gauche » de 2009).

Mais comme j’étais présent aux vœux du PCF présentés par Pierre Laurent, il a bien fallu que je réponde aux journalistes présents.

Je préfère alors confier à cette page mon appréciation résumée pour qu’une version directe et authentique de mes propos soit accessible à ceux qu’elle peut intéresser.

1) C’est un bon sujet de conversation que ces primaires, moins déprimant que le commentaire de la lettre du MEDEF, le plantage du couple Hollande-Johnny place de la République ou les dernières folies des abrutis « djihadistes » qui font la campagne permanente de madame Le Pen par l’image caricaturales qu’ils donnent des musulmans. Merci donc aux rédacteurs de cet appel.

2) Le texte de la pétition est une condamnation cinglante de la politique de François Hollande par des gens qui ont tous été membres de sa majorité gouvernementale. Je me réjouis de voir mes diagnostics repris. Et je m’amuse de les voir promotionnés par un journal comme « Libération » qui prétendait naguère que c’était là des excès d’agressivité quand on les entendait de ma bouche…

3) Compte tenu du contenu de ce texte, demander à Hollande d’y participer c’est lui demander de démissionner. Je salue l’habileté du procédé plus efficace que bien de mes critiques et interpellations, j’en conviens.

4) Après ce bilan positif, il me reste à dire que je ne vois pas comment la chose peut s’organiser. Car participer à une primaire, c’est accepter de se soumettre au résultat du vote. Il faut noter deux choses à partir de là. D’abord sachons que le porte-parole d’EELV, Julien Bayou, a déjà dit que dans l’hypothèse où quelqu’un qui « poserait problème sur l’Europe l’emportait » cela « poserait problème d’accepter le résultat ». La dépêche rapporte que cette déclaration est une allusion à peine voilée à moi. Je ne lui en veux pas. Julien Bayou est un actif partisan de la candidature de Cécile Duflot et c’est bien son droit. Mais on voit que si avant même que quelques discussions aient commencé on en est déjà à disqualifier sur un mode personnel un protagoniste potentiel, on devine ce que ce sera ensuite : une foire d’empoigne. Quant à moi, je dis que si Hollande ou Valls ou Cohn Bendit ou qui sais-je encore de cette mouvance emportait ce vote, comment pourrais-je le soutenir ensuite après avoir échangé avec eux autant de critiques sur le fond ? Donc je préfère dire que je ne participerai pas à une compétition dont je ne suis pas prêt à me soumettre au résultat. J’estime que c’est une attitude honnête et respectueuse du point de vue des autres.

5) J’ajoute que les primaires comportent bien des défauts que je ne récapitule pas pour l’instant ici. Sinon pour un d’entre eux et non le moindre. L’électeur d’une primaire ne vote pas essentiellement pour les idées de tel ou tel mais surtout d’après l’évaluation qu’il fait des chances de celui-ci de l’emporter. Autrement dit, chacun se range derrière ce que les journaux et les sondeurs lui disent être l’opinion moyenne et dominante. C’est la fin de la politique comme art de proposer une idée nouvelle ou choquante, la fin de l’espoir de construire une opinion progressiste.

6) Évidemment, comme le dit Pierre Laurent, qui déclare aussi accueillir « très positivement cette initiative », ma porte n’est pas fermée, je suis prêt à parler de tout sans a priori et ainsi de suite. Bref, je suis disponible pour la fraternité

7) Le plus difficile n’est pas de trouver un candidat à la présidentielle. Mais de s’accorder sur les 570 candidats aux législatives dont la désignation devrait encore passer en toute logique par des primaires locales. Sachant que leurs résultats sont la base sur laquelle se calcule la dotation d’État à chaque parti, on devine que la question devient moins simple qu’il y paraît. En effet le résultat de la présidentielle elle ne donne aucun droit à financement ensuite…

8) Quant au programme, je crois juste de rappeler que nous ne partons pas de rien. En 2012, j’ai eu l’honneur de recueillir quatre millions de voix avec un programme, « l’Humain d’abord », dont nous avons vendu 500 000 exemplaires. Je ne cache pas mon agacement à voir tout le travail accompli rayé d’un trait de plume pour faire comme si le monde commençait, comme si nous n’avions rien fait. Pierre Laurent à raison de dire qu’on peut mieux faire qu’en 2012. Mais encore faut-il faire autant. Et pour cela, il n’est pas inutile de se demander pourquoi nous sommes parvenus en 2012 à faire le premier score à deux chiffres en dehors du PS depuis trente ans.

9) Chaque parti étant pris dans son calendrier de congrès, toute cette mécanique renvoie à la fin juin leur décision et la primaire imaginée au mois de novembre 2016. D’ici-là, on peut imaginer de faire autre chose aussi compte tenu de l’état de délabrement de la conscience collective du pays.

C’est ce que je compte faire.

 

Mardi 12.01.2016

Jean-Luc Melenchon

 

 

 

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9 janvier 2016 6 09 /01 /janvier /2016 15:00
Balayons 2015. En avant 2016

Balayons 2015. En avant 2016

Que 2015 aura été une année sombre, débutant et finissant entachée du sang versé par les lâches criminels fanatiques de l’organisation dite Etat islamique. Une année où en réponse, malgré la belle manifestation du 11 janvier, dans un climat de peur, les haines auront été attisées permettant au FN de progresser en voix parmi les inscrits. Une année tristement record de progression de la misère, de la précarité et du chômage, alors même que les richesses produites et les profits auront continué d’augmenter, mais au bénéfice d’une poignée de rentiers. Une année marquée par la préoccupation de l’urgence climatique mais qui s’est soldée par un accord si vide d’engagement, d’une telle hypocrisie que le problème reste tout aussi entier. Une année d’espérance avec la victoire de Syriza, mais bafouée six mois plus tard avec le coup d’état financier de l’eurogroupe contre le peuple grec. Une année où la violence des politiques va t-en guerre et de libre échange égoïstes de l’Union européenne auront provoqué la mort de tant de réfugiés et l’abandon de nombre des rescapés dans le mépris du respect du droit d’asile et des traditions républicaines de l’accueil. Dès lors, sans surprise mais non sans effroi, les évènements en Corse révèlent la barbarie xénophobe à laquelle ne peuvent que conduire les exaspérations identitaires ethniques.

Pour notre parti, cette année fut également celle de la terrible perte de François Delapierre. Notre tristesse reste immense après la disparition de celui qui fut un ami, un camarade qui nous était si cher et dont le rôle et l’apport fut si déterminant dans notre histoire collective. Nous inaugurerons à notre siège la nouvelle appellation de l’ancienne salle dite du bureau national en son nom pour lui rendre hommage, lors de nos vœux.

Mais l’année 2015 fut également celle de notre congrès, de l’adoption d’une orientation qui reste pleinement d’actualité, tant est nécessaire la mise en mouvement citoyenne pour porter un nouvel espoir de changer le cours de l’histoire. Plus que jamais, notre parti doit déployer toute son énergie vers nos concitoyens et recréer la confiance qu’une politique alternative est possible si le peuple s’en mêle. Les régionales incarnent la fin d’un cycle, celui des élections intermédiaires depuis 2012, dans lesquelles le Front de Gauche n’a pas su unifier l’opposition de gauche au gouvernement, dépasser le cadre d’un cartel et s’ancrer dans l’implication citoyenne. 2016 doit nous permettre d’en tirer toutes les analyses et de préparer 2017, l’élection cruciale de la 5ème République. Cette échéance peut déclencher une nouvelle force et notre parti doit y œuvrer.

Dès cette rentrée 2016, nous aurons à mobiliser contre les nouvelles grandes attaques que prépare le gouvernement et convaincre autour de mesures phares, d’autres choix politiques. Sans aucune autocritique malgré les résultats déplorables de sa politique, le gouvernement entend en effet nous imposer en cette rentrée trois fronts d’attaques déterminants.

Le plus important et premier d’entre eux est la volonté de F. Hollande et de M. Valls d’inscrire la déchéance de la nationalité et l’état d’urgence dans la constitution. Il marque surtout leur déchéance morale. Ils n’hésitent plus à bafouer les principes républicains les plus fondamentaux, reprenant une mesure du FN déjà réchauffée et tentée par N. Sarkozy dans un sinistre calcul électoraliste. Nous avons au contraire besoin de plus de République, de réveiller l’attachement à la patrie républicaine et à l’indivisibilité du peuple, l’égalité entre tous les citoyens, quelles que soient leurs origines et leurs filiations et notre communauté de destin.

Vient également la réforme du code du travail qui ne vise qu’à affaiblir les droits des salariés. Rêvée par le MEDEF, Sarkozy ne l’avait pas osée, mais Macron s’y attaque ! Il est au contraire nécessaire d’instaurer de nouveaux droits des salariés dans l’entreprise contre le pouvoir exorbitant des actionnaires. Aux mesures annoncées par Hollande dans ses vœux, relevant toujours des vieilles ficelles libérales de la politique de l’offre (effets d’aubaines pour les employeurs et visant à masquer la réalité des chiffres du chômage), sachons opposer nos propres mesures telles que l’instauration d’un salaire maximum rendant obligatoire la hausse des salaires de ceux « d’en bas » quand ceux « d’en haut » s’augmentent ! Pas d’écart de salaires supérieur de 1 à 20 ! Pas de minimas sociaux en dessous du SMIC ! Grand plan de lutte contre le mal logement !

La COP 21 passée, les voilà décidés également à accélérer le projet Notre Dame des Landes. Dès ce samedi 9 janvier, nous serons avec les citoyen-ne-s engagé-e-s dans la manifestation contre le projet à Nantes. Remettre en cause des grands projets inutiles et imposés, défendre le fait de laisser en sous-sol 80% des énergies carbonées, promouvoir l’outil de la planification écologique pour engager la nécessaire transition énergétique et repenser notre mode de développement restent plus que jamais d’actualité. Nous devons pleinement poursuivre notre implication dans le mouvement citoyen pour la justice climatique qui s’est engagé au dernier trimestre 2015.

Notre Sommet du plan B qui a de fait été empêché après les massacres du 13 novembre se tiendra les 23 et 24 janvier prochains. Il s’inscrit dorénavant dans une volonté pérenne pour l’ensemble de ses participants de co-construire un cadre collectif de réflexion et de propositions pour s’opposer aux coups d’états financiers de la troïka et de l’eurogroupe, désobéir pour restaurer la souveraineté des peuples contre l’austérité.

République, Socialisme et Écologie, notre triptyque, auquel nous ajoutons la désobéissance européenne et un nouvel indépendantisme au service de la paix, prend pleinement sens dès ce premier mois de la nouvelle année. Nous proposerons un nouveau matériel visant à le décliner, illustrant par des propositions concrètes que des jours heureux sont possibles si le peuple reprend confiance en sa capacité de prendre son destin en main.

C’est le moment de prendre parti, déployons-nous et sachons proposer en bonne résolution de rentrée à nos concitoyens de s’engager pleinement à nos côtés ! Et osons dans le même temps penser un cadre citoyen bien plus large dépassant les partis, pour s’engager dans la bataille présidentielle.

Que 2016 nous donne la force de préparer 2017 !

 

Vendredi 8 Janvier 2016

Danielle Simonnet
Coordinatrice du Parti de Gauche

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4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 09:50
Des vœux différents ? Pas dans la politique proposée

Évoquant une année 2015 de « souffrance et de résistance » François Hollande aurai voulu des vœux différents de ceux qui l’ont précédés. Installé dans la posture du père protecteur de la nation dont il espère manifestement tirer des bénéfices en vue de 2017, il a résumé les propositions censées lutter contre le terrorisme et le chômage.

Il dit vouloir attaquer le mal à la racine ?

Fort bien mais au lieu de citer les seuls bombardement, méthode dont on connait l’inefficacité, il eut été plus rassurant de l’entendre mettre en avant la récente résolution de l’ONU sur la paix dans la région et rendre hommage aux forces qui luttent avec efficacité contre Daesh dont les Kurdes.

Il dit rendre hommage aux français qui ont fait face au nom des principes de la République et du refus de la division ?

Dans ce cas, il eut mieux valu se mettre à leur hauteur en abandonnant la constitutionnalisation de la déchéance de nationalité et de l’ État d’Urgence.

Il évoque un État d’urgence économique et social ?

Nous ne cessons de le réclamer mais ses propositions contredisent là encore le propos. Il reste en effet dans les recettes de la politique de l’offre et du tout apprentissage, véritable aubaine pour les grandes entreprises.

Enfin que vaudront les promesses sur un grand plan de transition écologique avec un budget restant au feu rouge de l’austérité ?

Oui nous voulons faire de 2016 une année de vaillance et d’espérance, celle qui s’appuierait réellement sur les principes d’une République refondée, de la fin de l’austérité, d’un autre partage des richesses et d’une véritable transition énergétique.

Dans les actes pas seulement dans les mots. Soit l’inverse de François Hollande…

Vendredi 1 Janvier 2016

Eric Coquerel Co-coordinateur politique du Parti de Gauche

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26 décembre 2015 6 26 /12 /décembre /2015 17:28
La nausée

Ils nous auront tout fait !

En maintenant la proposition de déchoir de la nationalité française les binationaux né Français, l’équipe Hollande-Valls a consommé sa propre déchéance morale.

Car en reprenant cette idée proposée d’abord par Jean-Marie Le Pen puis Nicolas Sarkozy, il s’agit surtout de faire un nouveau coup de communication sur le dos des principes républicains les plus constants.

Il ne peut pas y avoir deux sortes de Français au prétexte de quelques criminels. Il n’y a en aura jamais qu’une. Il s’agit de flatter l’opinion la plus bornée.

Il est pourtant facile de comprendre qu’un binational criminel terroriste ne doit pas être expulsé ou réclamable par un pays tiers quand il est pris et condamné pour terrorisme en France.

Il doit être au contraire gardé et surveillé dans nos prisons.

Penser que cette mesure puisse dissuader quelqu’un prêt à se faire sauter lui-même est ridicule.

Je pense avec émotion à la tristesse et à l’angoisse de tous ceux que cette mesure montre du doigt comme des suspects potentiels.

Je pense à la consternation des socialistes à la base qui savent que cela est proposé en leur nom.

Je pense avec amertume à ce que ces gens font de notre pays et au débordement et surenchères que cette initiative va permettre dans l’avenir.

Je compte sur les parlementaires de tous bords, de droite comme de gauche, pour refuser leur voix à cet attentat contre l’identité républicaine de notre patrie.

 

Mercredi 23 Décembre 2015

Jean-Luc Mélenchon

 

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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 09:16
Jean-Luc MELENCHON dans le 12/13 Dimanche 22.11.15 sur France 3

En ce moment, nous ne parlons pas pour notre parti : nous parlons pour notre pays.

Pour vaincre Daech, ‪nous devons faire l'unité du peuple français. Il faut répéter que l'islam n'a rien à voir avec ça

Nos symboles républicains comme le drapeau tricolore et la Marseillaise sont des moyens de se rassembler.

La Marseillaise et le drapeau tricolore sont des symboles de la Révolution et de la Liberté.

Je pense que je n'aurais pas voté l'allongement de l'état d'urgence à trois mois. (...) L'état d'urgence, je le comprends. On aurait pu le mettre en place avec un vote de l'Assemblée nationale tous les 15 jours.

Il ne faut pas donner à l'ennemi l'impression qu'il y a de la panique.

Dans la période, nous ne devons pas perdre notre sang-froid. Ce moment doit être celui du discernement.

L'Europe s'est fracassée sur le cas grec. Elle s'est effondrée sur la question des réfugiés. Elle clapote et bougeotte sur le terrorisme.

Ce que nous craignons c'est que petit à petit, tout le monde soit mis en fiche, tout le monde soit surveillé.

Ce qui conduit à des pratiques totalitaires, c'est l'inquisition permanente dans la vie privée des gens.

Les frontières sont nécessairement poreuses. Même pendant la Seconde Guerre Mondiale, elles n'étaient pas étanches.

La déchéance de nationalité est une mauvaise idée. Mieux vaut garder les gens en prison chez nous et les contrôler chez nous.

Si j'avais été le président de la République, je n'aurais pas provoqué de débat sur la Constitution en plein deuil national.

Je ne jette pas la pierre à ceux qui ont voté l'état d'urgence parce que je comprends ce qui les a poussés à le faire.

Lorsque Jacques Chirac et Dominique de Villepin ont décidé de ne pas faire la guerre en Irak, je les ai soutenus.

J'appelle les gens à aller voter. Si vous n'êtes pas contents des candidats, mettez un bulletin blanc, mais allez votez !

Notre mode de résistance, c'est d'affirmer la démocratie.

Avec Charlie Hebdo, nous avons fait campagne pour faire interdire le FN il y a 20 ans. On m'a dit alors que ce n'était pas la solution.

Sur la Russie, c'est une très heureuse volteface de François Hollande que de considérer les Russes comme des partenaires.

Désormais, nous coopérons sur le terrain maritime avec les Russes alors que nous avons refusé de leur vendre les Mistral...

Militairement, la Russie est un partenaire fiable.

Avons-nous des désaccords avec Poutine ? Oui. De Gaulle aussi avec Staline ! Mais la Russie et la France coopéraient.

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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 09:41
CONSTRUISONS L'ALTERNATIVE CITOYENNE!
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Lundi 23 Novembre 2015

Comité Creusois du Parti de Gauche

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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 09:42
Ils frappent la République ? Résistons avec plus de République

La République a été frappée de nouveau. En plein cœur et dans nos cœurs.

Dans sa jeunesse, dans son droit au bonheur, à la fête autour d’un verre, d’un match de foot ou d’un concert, dans son droit même à la culture. Nous pleurons les 129 victimes et adressons toutes nos condoléances à l’ensemble de leurs proches. Nous pleurons les nôtres frappés aveuglément par de lâches criminels. Nous sommes toutes et tous concerné-e-s. Mais nous n’avons pas peur.

Dans l’horreur de cette sinistre soirée du 13 novembre, où les images ont défilé bien plus vite qu’on ne les réalisait, nous saluons le dévouement de la police, des pompiers, des soignants, de tous ces fonctionnaires qui n’ont pas ménagé leur peine et ont pris tant de risques pour nous sauver, pour nous protéger, pour nous soigner. Preuve de toute l’importance de nos services publics à réaffirmer aux tenants de l’austérité de l’Union Européenne et à notre gouvernement qui s’y soumet. Nous saluons également tous les anonymes, via les réseaux sociaux, qui proposaient spontanément l’hospitalité pour celles et ceux qui se trouvaient coincés dehors derrière le hashtag #porteouverte ou ont donné leur sang.

Faire peuple uni et fraternel, telle est notre première tâche hautement politique. Ils veulent nous diviser ? Démontrons-leur qu’ils n’y parviendront pas.

Clamons sans relâche qu’aucun amalgame n’est acceptable entre ces fascistes et une partie de nos concitoyens, une partie des nôtres du fait de leur croyance réelle ou supposée ou de leurs origines. La religion n’a aucun rapport avec ces entreprises meurtrières. Notre peuple en est capable. Ne laissons pas la haine envahir les coeurs. Et témoignons toute notre solidarité avec nos concitoyens de confession musulmane, avec les résidents étrangers, avec les réfugiés premières cibles des amalgames non seulement du FN mais de la droite antirépublicaine qui lui court après.

Ce week-end devait être celui de notre premier Sommet Internationaliste du plan B. De fait, ces assassins nous ont empêchés de le tenir.

De nombreux messages de soutien du monde entier nous sont parvenus. Nous nous sommes néanmoins retrouvés avec celles et ceux de nos invités qui étaient déjà sur Paris. Nous avons fait le serment que ce sommet aurait bien lieu et qu’il serait permanent. Défendre une nouvelle perspective géopolitique en Europe, alternative à l’austérité et aux coups d’état financiers n’est pas hors du sujet. Restaurer la démocratie et l’indépendance des peuples, vouloir avec détermination changer le cours de l’histoire de notre humanité est une nécessité aussi pour le combat contre l’idéologie fasciste de Daesh. C’est dans ces convictions internationalistes bien ancrées que nous avons rendu hommage aux victimes, en déposant des gerbes de fleurs devant les différents cafés et le Bataclan, avec Zoé Konstantopoulou (ancienne Présidente du Parlement grec), Jean-Luc Mélenchon et d’autres personnalités internationales telles que Pedro Soares et Joana Mortaga du Bloco portugais, Finghin Kelly d’Irlande, Nikolaj Villumsen du Danemark ou encore Bodo Ellmerrs d’Allemagne.

Si le temps dans lequel nous sommes est toujours celui du deuil, il est essentiel de comprendre les causes pour ne pas les aggraver par la poursuite des politiques qui en portent une grave responsabilité. Les actes monstrueux de vendredi soir ont été pensés, programmés, organisés, financés et revendiqués par Daesh. Daesh, l’enfant terrible des interventions militaires successives qui ont détruit l’État irakien, ont frappé la Libye, la Syrie. La montée de Daesh résulte en grande partie des logiques va t-en guerre de l’Otan dans lesquelles la France s’est fourvoyée et se fourvoie. On ne peut jouer les gendarmes du monde, déstabiliser plus encore des régions, lancer l’idéologie du choc des civilisations sans conséquences. Daesh se nourrit autant des bombardements aveugles faisant suite aux soutiens des dictatures d’hier, que de la misère consécutive à des décennies de politiques néolibérales imposant ses ajustements structurels et pillant les ressources naturelles et humaines.

Ces fascistes avaient assassiné Chokri Belaïd et Mohammed Brahmi, deux dirigeants du Front Populaire Tunisien, et avaient ciblé le peuple de la révolution tunisienne, de l’assemblée constituante, le peuple qui a ouvert une voie politique nouvelle intégrant et la question sociale et la question laïque. Ils ont attaqué en Turquie la manifestation des militant-e-s HDP, la gauche turque et kurde, laïque et féministe, au moment précisément où sa progression électorale dans les urnes ouvrait également une nouvelle voie. En France ils avaient attaqué Charlie Hebdo, journal engagé symbole de la liberté d’expression, de la liberté de consciences, du droit au blasphème. Ils ont attaqué ce vendredi la jeunesse et la République française, ce régime non-neutre qui promeut l’émancipation.

La lutte contre Daesh et ses lâches assassins est une lutte militaire et politique.

Pour la partie militaire, nos dirigeants vont-ils enfin prendre conscience que nos politiques géostratégiques sont totalement à revoir ? Que notre priorité ne doit pas être de renverser Bachar El Assad, aussi dictateur sanguinaire soit-il, mais de contribuer à la paix dans la région ? Il est grand temps de soutenir enfin les meilleurs combattants sur le terrain contre Daesh, les combattants kurdes qui ont remporté la victoire sur Kobané, et d’exiger de la Turquie qu’elle cesse de leur tirer dans le dos et de s’en prendre à la gauche turque, laïque, féministe et solidaire des kurdes. Il est grand temps de reprendre les relations avec la Russie et d’engager dans le cadre de l’ONU une alliance internationale qui soutiendrait l’intervention de toutes les forces régionales acceptant de combattre réellement Daesh et le terrorisme fondamentaliste.

Il faut aussi frapper Daesh financièrement.

Comment accepter la venue de l’Émir du Qatar en France quand on sait l’importance de la participation de riches familles qataris aux financements passés de Daesh et aujourd’hui d’autres groupes radicaux, sans parler de leur régime?

Concernant notre sécurité intérieure, la défense de notre République nécessite plus que jamais un État bien présent, pour faire respecter ses lois et les faire appliquer.

Or, les fonctions régaliennes de l’État sont à bout de souffle. Partout du terrain, policiers, gendarmes, pompiers nous alertent de l’insuffisance totale de leurs moyens humains. Ces moyens humains sont aussi essentiels aux services de renseignement, et que cesse enfin l’illusion du renseignement numérique, non seulement inopérant, mais prétexte à mettre toute la population sous surveillance. Après les dix lois anti-terroristes qui se sont succédées, nous réaffirmons notre refus de toute nouvelle restriction de nos libertés. Nous désapprouvons la prolongation de l’état d’urgence de trois mois, qui va instaurer de fait un régime permanent inacceptable. A l’approche des régionales et aussi de la COP 21, refusons que le débat démocratique et l’implication citoyenne soient entravés et confisqués par des logiques sécuritaires !

Les déclarations de François Hollande devant le Congrès confirme la complète dérive sécuritaire et autoritaire de la 5ème République.

Il remet en cause le principe d’indivisibilité du peuple français, essentiel à notre code de la nationalité, en reprenant la proposition du FN sur la déchéance de la nationalité des binationaux. Mais en plus, il vient d’annoncer qu’il constitutionnalisait l’état d’urgence, sans aucun retour vers le peuple, instaurant de façon permanente un régime d’exception au détriment de nos libertés…

La réponse aux actes criminels de ce vendredi 13 novembre devrait être l’inverse. Plus de démocratie, de liberté, d’égalité et de fraternité, telle doit être notre réponse aux attaques fascistes !

 

Jeudi 19 Novembre 2015

Danielle Simonnet et Eric Coquerel
Coordinatrice-teur politique du Parti de Gauche

 

 

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