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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 10:19
Eric Coquerel et Danielle Simonnet, coordinateurs politiques du Parti de Gauche

Eric Coquerel et Danielle Simonnet, coordinateurs politiques du Parti de Gauche

Le Parti de gauche appelle à voter contre la prolongation de trois mois de l’Etat d’urgence.

Nous pouvions très bien comprendre l’établissement de l’état d’urgence pour quelques jours afin de faire face le plus vite possible aux attaques en cours. Mais ce que François Hollande et Manuel Valls nous proposent aujourd’hui c’est une dérive toujours plus autoritaire de la 5ème République. Un état d’exception permanent puisqu’au vote de cette loi devra succéder une modification constitutionnelle allant dans le même sens.

Le Parlement est en effet sommé d’entériner à la va-vite non seulement le prolongement de l’état d’urgence de 3 mois, ce qui affaiblit déjà le contrôle judiciaire et limite les libertés publiques et politiques de rassemblement, mais aussi de nombreuses modifications de la loi de 1955 qui l’encadre.

Ce ne sont pas seulement les menaces terroristes qui sont concernées mais celles qui peuvent porter atteinte à la sécurité et à l’ordre public, une notion plus large et très floue, qui laisse le champ libre aux interprétations et aux dérives.

Les meilleures armes de la France pour faire face au fascisme de Daesh ce sont les principes de la République. Ce n’est pas contradictoire avec la sécurité, au contraire. L’Etat de droit n’est pas impuissant face aux terroristes si on arrête de l’appauvrir. Si on veut assurer la sécurité des Français, il faut en finir réellement avec le pacte de stabilité et la stupide politique de la baisse des « dépenses » publiques. Il faut les moyens et les hommes nécessaires pour la police, la justice, le renseignement, les douanes et plus globalement le bon fonctionnement de l’Etat. François Hollande a annoncé des recrutements. Tant mieux mais c’est l’aveu qu’ils n’auraient jamais du manquer.

 

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18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 08:28

L’émirat du Qatar, dont le Premier ministre a été reçu ce mardi par François Hollande, a largement armé et financé les réseaux djihadistes au Sahel, en Libye, en Syrie dont sont issus nombre de combattants de Daech.

Aussi, en déclarant ce matin que désormais « le pouvoir en Arabie saoudite, comme au Qatar, lutte contre Daech », Manuel Valls a choisi la méthode Coué.

Il aurait dû regarder la chaîne Al Jazeera qui relayait vendredi sur son site internet des articles stipulant que « la France crée l’affrontement avec l’islam par le biais de la laïcité »…

Qu’en pense l’Emir du Qatar, propriétaire de la chaîne, qui a pourtant montré à quel point sur d’autres sujets il savait contrôler ses journalistes et son contenu ?

Ces relations soutenues avec les monarchies du Golfe, contraires aux principes de la République et à ses intérêts fondamentaux, qui ne se résument pas à quelques contrats d’armement, étaient jusqu’à présent dérangeantes. Elles sont devenues indécentes.

Le Parti de Gauche appelle solennellement le Président de la République à revoir en profondeur les alliances de la France.

Mercredi 18 Novembre 2015

Communiqué du Parti de Gauche

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4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 20:58
Les membres du Comité Creusois du Parti de Gauche ont évoqué l'année à venir. Article de l'Echo du samedi 03.10.2015
Les membres du Comité Creusois du Parti de Gauche ont évoqué l'année à venir. Article de l'Echo du samedi 03.10.2015

Les membres du Comité Creusois du Parti de Gauche ont évoqué l'année à venir. Article de l'Echo du samedi 03.10.2015

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18 septembre 2015 5 18 /09 /septembre /2015 13:57

Carte des EPCI : la démocratie à la découpe !

La carte des intercommunalités présentée le 14 septembre par le préfet de la Creuse est dans la droite ligne de la loi NOTRe et de la loi délimitant les nouvelles régions. Il s’agit de détruire le cadre républicain en mettant les territoires en concurrence les uns avec les autres et en éloignant les citoyens du lieu où se décident les politiques publiques qui ont un impact direct sur leur vie de tous les jours. Ainsi, le gouvernement, après la réforme des cantons, a fusionné la région Limousin avec Aquitaine et Poitou-Charentes dans un mastodonte territorial qui ne correspond à aucune réalité pour les citoyens.

Le préfet de la Creuse imite le gouvernement dans sa proposition de carte des EPCI. Alors même que la loi garantit aux territoires de faible densité de population de pouvoir déroger au seuil de 15000 habitants mis en place par la loi NOTre, le préfet veut mettre en place des intercommunalités de 27000 habitants ! On passerait de 15 intercommunalités à 4. Ainsi pour aller d’un point à l’autre de l’intercommunalité du sud Creuse il faudra parcourir pas loin de 90 km. Il s’agit d’un mépris des citoyens de zone rurale.

Les élus qui s’étaient opposés au précédent projet de refonte des intercommunalités il y a 5 ans doivent continuer de marquer leur opposition à cette destruction des cadres démocratiques de notre territoire. Il est plus qu’urgent de redonner la parole au peuple et de rassembler des assemblées citoyennes.

Le comité creusois du Parti de Gauche appelle les élus des communes et intercommunalités qui auront à se prononcer sur ce projet à le rejeter et à exiger du préfet qu’il revienne sur ce projet inadapté à la réalité des territoires ruraux. 

 

LA DEMOCRATIE A LA DECOUPE!
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12 septembre 2015 6 12 /09 /septembre /2015 17:37
Avec Stefano Fassina, Oskar Lafontaine et Yanis Varoufakis juste avant notre débat pour un plan B en Europe.
Suivez le direct : http://bit.ly/1Kdmd14

 

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11 septembre 2015 5 11 /09 /septembre /2015 14:10
ÉVÉNEMENT

 

Débat Mélenchon-Varoufakis-Fassina-Lafontaine
Ce samedi 12 septembre à 16h30 à la Fête de l'Humanité (à la Courneuve), venez assister au débat entre Jean-Luc Mélenchon, Yanis Varoufakis, Stefano Fassina et Oskar Lafontaine pour un plan B en Europe.
Rendez-vous au stand du Parti de Gauche, avenue Frida Kahlo.

 

 

 

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5 octobre 2014 7 05 /10 /octobre /2014 22:16

 

PAR ET POUR LE PEUPLE !

Les événements depuis la rentrée ont évidemment confirmé que la crise sociale et économique se double désormais d’une aggravation spectaculaire de la crise politique. C’est maintenant une crise de régime. Elle peut se résumer à une question : sur quelle légitimité François Hollande s’appuie-t-il pour imposer au pays pareille politique ? C’est en effet insupportable que le mandat populaire pour tourner la page des années Sarkozy soit ainsi nié par la volonté d’un seul homme, piétiné et au final inversé. François Hollande pourra-t-il tenir deux ans ½ sans aucune adhésion populaire, avec une opposition interne dans sa majorité, avec un gouvernement sans majorité absolue lors du vote de confiance à l’Assemblée, alors qu’il enregistre défaite sur défaite, la dernière étant la perte de la majorité au Sénat et une désaffection massive des élus locaux ? Toute la déliquescence démocratique de la 5ème République se révèle dans cette interrogation. Cela nous impose désormais de chercher aussi une issue alternative sur le terrain de la souveraineté populaire, niée par la concentration oligarchique du pouvoir orchestrée par la double architecture institutionnelle qui nous surplombe : la 5ème République et l’Union Européenne, toutes deux au service de ceux qui gagnent les élections sans jamais s’y présenter, le MEDEF et le CAC 40.

Chaque jour qui passe depuis la rentrée voit la situation du pays s’aggraver

Cette rentrée a donc d’abord été marquée par le passage du gouvernement Valls 1 à Valls 2. Au-delà de répondre aux sorties critiques de Montebourg et Hamon, il s’agissait d’un cap supplémentaire et brutal dans la politique libérale menée. La nomination d’Emmanuel Macron à Bercy et la standing ovation de Valls au Medef ont envoyé un message clair à la finance et au patronat de combat : le gouvernement est avec vous. Les vannes sont ouvertes et les annonces concrètes ont alors suivi : assouplissement des seuils sociaux et du travail du dimanche, attaques scandaleuses de Rebsamen contre les chômeurs, relance des partenariats publics-privés notamment pour des grands projets inutiles, abandon de toute velléité d’encadrement des loyers et retour à une fiscalité avantageuse pour les promoteurs, remise en cause de la politique familiale résultant des exonérations sociales, et les errements fiscaux, etc… Devant ces courbettes empressées, le Medef se prend à rêver de casser tout ce qu’il reste de l’Etat social. Les dizaines de milliard de cadeaux du CICE et du pacte de responsabilité à peine digérés, voilà Pierre Gattaz et ses patrons de choc mettant sur la table la suppression de jours fériés et la fin de la durée légale du temps de travail. Ils auraient tort de se gêner : qui peut assurer désormais que ce qui paraît aujourd’hui comme une provocation patronale ne soit pas demain la feuille de route d’un gouvernement entièrement tourné vers la satisfaction toujours inassouvie des marchés et de la finance ? D’ailleurs qu’a promis Manuel Valls à la vraie Présidente de l’UE, Angela Merkel, lors de son déplacement à Berlin si ce n’est justement toujours plus d’austérité et de des dérégulations, toujours moins de protection sociale et de dépenses publiques ?

Pour un plan d’urgence sociale et écologique opposé à cette politique !

La crise provoquée par le capitalisme financier est profonde et totale. La population subit de plein fouet l’austérité généralisée : hausse dramatique du chômage, chute du pouvoir d’achat, difficulté à se loger et à se nourrir convenablement, etc … La politique de François Hollande ne peut pas marcher car la main invisible du marché ne finira pas par régler une crise dont elle est la cause. Pas plus en France qu’ailleurs comme le montrent les chiffres économiques de l’Italie et même de l’Allemagne au cours du premier semestre 2014.

Il faut lui opposer d’autres solutions. C’est pourquoi le Parti de Gauche engage une campagne autour de propositions d’un plan d’urgence sociale et écologique centré sur 15 mesures clés de rupture. Elles illustrent concrètement les changements immédiats à mettre en œuvre.

Cette politique, libérale sur le plan économique, l’est également sur le plan de la politique territoriale et de la réforme de l’Etat. Hollande s’apprête en effet à sacrifier l’organisation territoriale issue de la Révolution Française sur l’autel de l’austérité et de la compétitivité. La réforme territoriale, c’est la mise en concurrence généralisée des territoires à partir des métropoles et de grandes régions redessinées uniquement dans cet objectif. C’est la casse d’une République une et indivisible reposant sur le principe d’égalité des citoyens sur l’ensemble du territoire. Le Parti de Gauche engage donc une campagne nationale contre cette réforme, pour travailler à son retrait et dénoncer son caractère "déconstituant", car derrière elle c’est toujours l’affaiblissement continu de la souveraineté populaire dont il est question.

La politique de François Hollande ne vaut pas mieux sur la question environnementale. Au sommet de l’ONU pour le climat, les représentants français ont, comme les autres dirigeants mondiaux, orienté les négociations dans le sens de fausses solutions libérales. Ils n’ont pas entendu les peuples qui se sont exprimés pour des solutions de justice climatique. En s’engageant aux côtés des multinationales et des libéraux pour ces solutions de capitalisme vert, François Hollande a choisi sont camp pour préparer la Conférence COP 21 de 2015 à Paris. En France comme ailleurs c’est donc une mobilisation d’ampleur qui doit plus que jamais être d’actualité pour contraindre les Etats à prendre des mesures drastiques en matière d’émission de Gaz à effet de serre. Ce sera une campagne majeure en 2015.

D’ailleurs, si la loi sur la transition énergétique a enfin été présentée à l’assemblée, elle réaffirme de fait l’importance du nucléaire et pour le reste ne prévoit aucun moyen financier pour la mise en œuvre d’une réelle transition énergétique. Mais après tout que pouvait-on attendre d’une loi qui se targue d’écologie mais qui encense la croissance, même repeinte en vert ? La tolérance des destructions commises par des agriculteurs défendant aveuglément un modèle d’agriculture sans avenir alors que la répression s’abat sans pitié montre que l’éco agriculture du ministre de l’agriculture sert surtout à repeindre de vert le vieux modèle agricole productiviste au lieu d’avoir le courage politique d’en changer. C’est le cas lorsque la Confédération Paysanne, avec un soutien très large, refuse les fermes industrielles (ferme des 1000 vaches) ou dans la mobilisation contre la destruction de terres pour l’irrigation au profit de quelques gros agriculteurs (barrage du Testet). Le Parti de Gauche soutient et participe donc à toutes les mobilisations sur ces questions.

Enfin jamais sous la 5ème République, politique étrangère n’a été aussi caricaturalement atlantiste. Face aux massacres de Gaza, François Hollande a pris fait et cause pour le gouvernement israélien. En Ukraine il s’est aligné derrière la vision idéologique et géostratégique agressive des Etats-Unis et de l’OTAN dont la sortie devrait être, à l’inverse, une urgence. Le monarque a décidé seul d’engager le pays dans une guerre en Irak qui, comme toutes les guerres menées là-bas par les Etats-Unis, ne réglera aucun problème mais au contraire les aggravera. Nous ne nous laisserons pas entraîner dans une pseudo unité nationale sous prétexte de lutte anti-terroriste. Daesh, comme tous les groupes intégristes, est évidemment notre adversaire mais on ne peut donner à des pyromanes le soin de jouer aux pompiers. Toute solution doit passer par l’ONU, par son soutien aux Etats et populations concernés en premier lieu par cette menace intégriste mais aussi par un règlement international de la situation dans cette région du globe qui passe déjà par le respect et l’application de toutes les résolutions de l’ONU. Engagé ainsi derrière Washington, François Hollande empêche la France de jouer un rôle politique en ce sens. Par ailleurs, ces positions atlantistes ont pour vocation à détourner les citoyen-ne-s des véritables préoccupations sociales et économiques en légitimant le choc des civilisations et en renforçant la figure utile de « l’ennemi de l’intérieur ». On ne saurait ainsi accepter que les citoyens français d’une religion donnée (ici l’Islam) soient appelés à se justifier de leurs origines ethniques ou religieuses au titre d’une union nationale belliciste.

La politique menée est catastrophique, quel que soit le domaine, économique, social, politique, international mais aussi environnemental.

En finir le plus vite possible avec la politique du gouvernement Valls-Hollande !

Pour le bien du pays, il faut donc en finir vite avec cette politique. Dans un ouvrage paru en 2006, François Hollande expliquait que lorsque la politique d’un président était aussi clairement refusée par le peuple, il devait y avoir la possibilité d’une « vérification démocratique » à mi-mandat. On voit bien en effet que le principe de révocabilité des élus à travers la possibilité de convoquer un référendum démocratique éviterait le blocage dans lequel nous entraîne un pouvoir tous les jours plus délégitimé. La révocabilité de François Hollande devrait pouvoir ainsi être soumise à un peuple dépossédé du pouvoir politique. Ce principe sera donc la première bataille concrète du Parti de Gauche en faveur de la 6ème République à travers l’organisation d’une votation citoyenne pour le droit de révoquer les élus.

Interrogé sur ce principe lors de sa conférence de presse du 18 septembre, François Hollande a botté en touche en invoquant la confiance que venait d’accorder l’Assemblée nationale au gouvernement Valls 2. C’est un fait. Même si en n’obtenant pas la majorité absolue, Manuel Valls est ressorti affaibli du vote de confiance, il a pu dans la foulée affirmer : « il n’y pas de majorité alternative à l’Assemblée ». Les dissidents de sa majorité – député-e-s EELV, frondeurs PS, MRC – étaient pourtant en nombre suffisant pour le renverser mais ils ne l’ont pas fait, abdiquant le pouvoir qui leur est confié par le peuple. Ils ont donc donné au Premier ministre la possibilité de continuer à saccager le pays.

Ce n’est pas de l’Assemblée nationale qu’est venue la solution. Par les artifices autoritaires de la 5ème République, François Hollande et Manuel Valls sont parvenus à dégrader davantage encore la crédibilité du parlement.

Le Premier ministre, mais aussi la grande majorité de son parti (les frondeurs ne peuvent faire oublier le rapport de force en son sein) sont convaincus d’avoir passé l’obstacle. Ils se trompent : cet épisode leur a seulement laissé un répit aussi sûrement que leur politique est mauvaise pour le pays.

C’est le peuple en action qui peut faire ce que l’Assemblée n’a pu – voulu – opérer : mettre fin au Gouvernement Valls qui poursuit la politique de François Hollande. Cela commence par les mobilisations progressistes et la rue. C’est pourquoi le Parti de Gauche soutiendra toutes les luttes sociales, écologiques et citoyennes dans le pays dont la journée d’action proposée par la CGT le 16 octobre.

Nous proposerons également une manifestation pour s’opposer à la politique du gouvernement à tous les potentiels partenaires (partis, associations, syndicats) à commencer par le Front de Gauche et le collectif Alternative à l’Austérité (ex 12 avril). Le 5 octobre, l’extrême droite et les réactionnaires de tous poils ont réédité la manif pour tous. Cela leur est d’autant plus aisé que le gouvernement leur a laissé un boulevard en leur donnant régulièrement des gages. Il n’est donc pas question de leur laisser le moyen d’apparaître comme la seule forme possible d’opposition au gouvernement sur leurs valeurs réactionnaires. Nous proposons notre manifestation à mi-mandat présidentiel, soit en novembre, pour le symbole mais aussi parce qu’elle tombe en plein vote décisif du budget.

Cette proposition répond aux exigences du court terme dans lequel le Parti de Gauche compte bien prendre toute sa place : en finir avec la politique menée le plus rapidement possible et exiger la démission du gouvernement Valls comme nous l’aurions fait pour n’importe quel gouvernement de droite qui serait dans sa situation. Au delà des mots d’ordre unitaires, le Parti de Gauche y défendra aussi le principe de révocabilité des élus au moment où d’autres pays s’y ouvrent.

Sortir par le haut : la 6ème République et la Constituante

Rien ne dit que François Hollande tiendra deux ans 1/2, la politique menée nous promet le pire. Le haut ne peut plus, le bas ne veut plus : le « qu’ils s’en aillent tous » va toujours plus dominer la période. La prochaine élection présidentielle ne sera donc pas une alternance tranquille. Elle prendra inévitablement les aspects d’une insurrection. Le problème c’est que pour le moment le volcan s’est ouvert sur son mauvais versant. Depuis deux ans, le FN se nourrit en effet de la politique menée et de la promotion qui lui est faite. Marine Le Pen au 2ème tour n’est aujourd’hui plus une crainte mais une probabilité de plus en plus forte. Ce qui est nouveau c’est qu’on ne peut plus exclure qu’elle gagne. Avec sa vision ethniciste et néo-fasciste, le FN s’adosse désormais à un discours antilibéral trompeur. UMP et PS jouent avec le feu en espérant un duel avec lui dans l’espoir cynique de l’emporter. Ils ont tort : face aux représentants d’un libéralisme en échec, celui de droite ou d’un PS discrédité (et donc bien mal placé pour jouer cette fois du vote utile), l’appel démocratique ne suffira pas pour mobiliser l’électorat contre la menace Le Pen.

Voilà ce à quoi nous devons faire face. Nous devons trouver la solution pour que notre « camp », celui d’une république sociale et écologique, soit au 2ème tour et en capacité de l’emporter. Comment ? En permettant au peuple de se réapproprier la politique. Le Parti de Gauche propose pour solution la construction du mouvement pour la 6ème République et une assemblée constituante. Cette bataille, qui était déjà au cœur des plus grandes initiatives de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon et de la marche du 5 mai 2013, est plus que jamais d’actualité. Mais il s’agit cette fois de matérialiser le Front du Peuple que nous appelons de nos vœux.

Nous devons partir de l’analyse tirée de l’échec du Front de Gauche aux européennes car nous n’avons pas atteint nos objectifs : le PS s’est bien écroulé mais le Front de Gauche n’est pas passé devant. En mobilisant ses électeurs de la présidentielle, le Front National a profité de l’abstention massive qui est la marque d’une démocratie d’apparat. L’absence de stratégie nationale commune aux municipales, la division qui en a résulté, nous a rendus largement illisibles. Les alliances du PCF avec le PS lors des élections municipales ont ramené le FdG dans le « système », qui est apparu comme un cousin très critique, mais un membre de cette famille de la gauche qui gouverne.

De plus, notre stratégie originelle était de réunir l’autre gauche pour changer le rapport de force face au PS. Elle a montré sa limite. Elle a très bien fonctionné jusqu’aux Présidentielles en sortant « notre gauche » de la marginalité pour en faire un outil incontournable. Mais après trois ans de présidence Hollande, la référence à la gauche se trouve dévaluée et les citoyens désorientés en profondeur par sa politique. Cette stratégie est en capacité de mobiliser encore la partie la plus politisée de l’électorat mais elle ne nous permet pas de convaincre au-delà tous ceux qui nous assimilent au système. Comme l’affirment nos camarades de Podemos, « le système n’a plus peur de la gauche, il a peur du peuple ». Ce qui signifie en retour que le peuple ne compte plus sur LA gauche pour changer le système. Il faut donc être désormais capable de construire une alternative qui ne dépende pas de forces du système libéral, qui ne dépende donc pas des alliances avec le PS même affaibli.

Pour un grand mouvement pour la 6ème République

Le mouvement pour la 6ème République initié par Jean-Luc Mélenchon a donc pour vocation d’être une alternative concrète et rapide à la crise démocratique qui sévit. Il pose donc franchement la question du pouvoir par et pour le peuple. Le peuple, ce sont ces millions de salarié-e-s, précaires et chômeurs, jeunes ou retraité-e-s, victimes du capitalisme financiarisé, isolés par le démantèlement des solidarités sociales, souvent relégués dans les zones périphériques où ils subissent une inégalité spatiale, sociale et économique. Ce sont ces usagers en lutte contre la fermeture d’un service public, ces habitants qui refusent de laisser des multinationales s’accaparer les biens communs (eau, énergie, transports, etc.) et saccager l’écosystème humain. C’est dans l’exigence de la souveraineté dans la cité que ces milliers de citoyen-ne-s aux vies éclatées et individualisées prennent conscience de leur unité et défendent l’intérêt général. C’est pourquoi le principe de la convocation d’une assemblée constituante - indissociable de l’appel à la 6ème République - n’est pas seulement une méthode, c’est en réalité l’expression d’une volonté : que le peuple redevienne souverain. C’est un moteur essentiel. C’est donc à toutes celles et ceux mobilisés dans cette campagne qu’il revient de dessiner ce que pourrait être une 6ème République. Le PG y prendra évidemment place comme les autres pour promouvoir sa conception de la 6ème, en proposant par exemple : le pouvoir revenant au parlement, en finir avec le fait que la politique soit une carrière réservée à une minorité, instaurer une république sociale, la règle verte, bref que le peuple soit souverain partout et tout le temps y compris pour contester le pouvoir démesuré accordé au capital avec le renforcement des droits des salariés dans les entreprises. La constitution de la 6ème République devrait être également l’occasion de proclamer de nouveaux droits fondamentaux de la personne pour reconquérir l’égalité civile et sociale, et ce quels que soient les lieux de résidence, en métropole comme pour les Outre-mer. Car nous voyons la 6ème République comme une réponse globale dans un moment où le capitalisme prive le peuple de sa souveraineté, et non une approche institutionnelle.

Mais nous le ferons comme tous ceux qui y contribueront. Car ce mouvement auquel le PG entend œuvrer ne lui appartient pas, pas plus qu’il ne doit appartenir à un cartel de partis ou à un homme.

Le Parti de Gauche fera des propositions dans le cadre du M6R pour mettre en mouvement la société pour une Constituante et la 6ème République. Nous proposerons par exemple une campagne de terrain fondée sur des méthodes novatrices en provoquant des porte-à-portes, des ateliers constituants, des prises de « Places de la 6ème République », et tout ce qui participera à la libération des énergies pour créer du débat et de la mobilisation citoyenne.

Pour convaincre la population de la pertinence de ce projet, il est nécessaire de lui démontrer qu’il lui est utile ici et maintenant. En aboutissant par exemple à des actions concrètes auprès des habitants et dans leurs quartiers pour ainsi les aider à résister dans l’enfer néolibéral qui met aujourd’hui nos vies en danger. Cela contribuerait à donner des outils aux habitants pour s’organiser contre les propriétaires d’immeubles qui refusent les réparations, contre les coupures d’électricité et contre les coupures d’eau. Nous montrerions ainsi que la 6ème République dépasse le seul projet électoral. Elle est bien une action immédiate se poursuivant avec les citoyens pour leur permettre de se réapproprier leur quartier, leur ville, leur entreprise, leur pays.

L’objectif est ambitieux et la tâche immense : remettre en mouvement au moins une partie des millions d’abstentionnistes des dernières Européennes par l’implication citoyenne. L’élection présidentielle à venir ne doit pas reproduire le match de 2012. Il faudra tourner la page de ce système politique, de son modèle économique et sa soumission aux traités européens. Nous voulons faire de la 6ème République notre candidate. C’est à dire que l’abolition de la monarchie présidentielle, et la souveraineté du peuple sont nos objectifs.

Le succès de la plateforme internet du mouvement pour la 6ème République qui, fin septembre, a déjà recueilli plus de 40 000 signatures en trois semaines confirme la pertinence de ce mouvement citoyen. L’objectif est d’atteindre 100 000 rapidement. La qualité et la diversité des différents appels prouvent également qu’un mouvement d’opinion peut s’enclencher et rendre cette idée majoritaire.

Il est vrai que les événements politiques nous aident. Comment en effet s’intéresser à ces pantins que rien ne différencie et qui prennent leurs ordres à Berlin, Bruxelles ou au siège du Medef ? Tout ce monde est à bout de souffle. Le mouvement pour la 6ème République est à la fois la façon de dire « qu’ils dégagent » et de présenter une solution alternative radicalement différente de tous les partisans de la monarchie présidentielle que sont le PS, l’UMP comme le Front National…

Trois mois décisifs pour le Front de Gauche

Pour le Parti de Gauche, le mouvement pour la 6ème République n’est pas un prolongement ou un remplacement du FdG. Bien sûr nous espérons convaincre l’ensemble du FdG de participer activement avec nous à ce processus à condition, comme n’importe quel parti, PG compris, ou alliance de partis, d’accepter que ce mouvement citoyen le dépasse. C’est la condition d’une révolution citoyenne. C’est d’ailleurs là encore ce que nous écrivions ensemble au sujet du Front du peuple. Le FdG a sa propre fonction, ses propres campagnes, sa propre utilité à engager des rassemblements avec tous ceux qui s’opposent clairement à la politique du gouvernement car construire un mouvement citoyen n’est pas contradictoire avec la nécessité de renforcer les corps intermédiaires qui se battent dans le même objectif. Nous soutenons la proposition d’Ensemble de tenir des assises lancées par le FdG même si nous ne pensons pas qu’elles suffisent pour susciter la large implication citoyenne que la période réclame. C’est cependant utile à la condition qu’elles ne nous entrainent pas dans des jeux de recomposition et de rapports de force internes au PS et plus globalement à la majorité gouvernementale. Il n’y a pas d’un côté un gouvernement qui mènerait une politique libérale et de l’autre un PS qui y serait majoritairement opposé, ce qui ne nie pas pour autant l’existence de militants du PS sincèrement révoltés par les politiques menées. Mais c’est bien le PS qui s’est majoritairement converti à la ligne européenne libérale comme l’avait fait avant lui les autres partis sociaux-démocrates européens. Il n’est ainsi pas question de servir de soutien externe à une solution Aubry en lieu et place de François Hollande qui aurait pour objectif de maintenir la centralité des socio libéraux avec une candidature soi-disant plus présentable pour 2017. Les assises doivent donc réunir uniquement des forces et personnalités qui rompent clairement avec la politique de François Hollande et de Manuel Valls. Le positionnement de Nouvelle Donne, de la gauche d’EE-LV ou encore du NPA leur donne déjà toute leur place dans cette démarche.

Le PG se félicite du climat et des discussions à l’assemblée générale du 6 septembre tout comme dans les débats de la Fête de l’Humanité. Le PG est en effet attaché à un FdG qu’il a cofondé et dont il a été le seul à défendre la pérennité pendant très longtemps. Mais les débats décisifs sont devant nous. Le FdG ne pourra en effet pas rééditer en 2015 le scénario des deux dernières années, sans stratégie commune et nationale aux élections. Il doit donc en avoir une identique pour les deux élections de l’an prochain. Les premières, les départementales, devant avoir lieu en mars, il lui faut donc être capable d’aboutir rapidement, début décembre au plus tard. Il faudra renouer pour commencer avec la stratégie d’autonomie vis à vis des forces du système à commencer par le PS. Pour le PG, c’est la première condition des candidatures que présentera ou soutiendra le FdG. Nous ne sommes donc pas d’accord avec la notion de « rassemblement de gauche très larges permettant de faire gagner des politiques progressistes pour les territoires qui seront autant de forces de résistance à l’austérité » avancée lors CN du PCF. C’est quasiment mot pour mot ce qui a permis de justifier des alliances à géométrie variable aux municipales. Nous espérons que la convention du PCF de début novembre reviendra sur cette option. C’est nécessaire pour que le FdG retourne enfin au cœur de sa stratégie électorale pour être dans les conditions de se présenter ensemble l’an prochain aux élections.

Vers des listes d’initiative citoyennes aux départementales et aux régionales

C’est le CN du PG de novembre qui adoptera notre stratégie définitive et le contenu de notre campagne pour les départementales. Au-delà du caractère national des deux élections de 2015, nous posons dès maintenant la nécessité de l’implication citoyenne. Il est impossible de soutenir d’une part la création d’un mouvement citoyen en vue de gagner les élections de 2017 et d’autre part de se contenter de cartels de partis pour les élections de 2015. À tous ses partenaires potentiels refusant la politique libérale et productiviste du gouvernement, le PG met donc dès maintenant sur la table la nécessité d’une affirmation nationale d’autonomie par rapport à cette politique et aux forces qui la soutiennent et d’une véritable dynamique citoyenne au service d’une stratégie conquérante et d’un programme cohérent. A l’exemple de ce qui s’est fait aux municipales à Grenoble. Pour les élections de mars 2015, cela pourrait déjà passer par des collectifs d’initiative citoyens par cantons associant les partis, en cohérence au minimum sur le plan départemental, et les citoyens engagés dans la campagne. Nous devons réfléchir aux conditions d’une campagne nationale incluant pour ces comités l’élection de leurs candidat-e-s.

Un Parti de Gauche en mouvement pour faire place au peuple

Face à une situation instable, le PG doit plus que jamais être en mouvement. La situation est grave mais des failles existent déjà, raison pour laquelle nous décidons de porter un effort militant important à la 6ème République et à la diffusion du M6R, Mais d’autres failles peuvent survenir à tous moments. Par exemple lors d’une explosion de colère sociale ou un accident de parcours dans le dispositif de l’actuelle majorité au pouvoir. Le PG doit être en capacité d’épouser toutes les temporalités de l’action sans en abandonner une seule, en les liant sans toujours les confondre et en acceptant de se donner des priorités selon le moment.

Celle du temps court nous impose de rassembler le mouvement le plus unitaire possible pour créer les conditions d’un renversement du gouvernement Hollande-Valls notamment à travers la manifestation de mi-mandat que nous proposons ou les assises initiées par le FdG. C’est aussi dans ce temps court que prennent place les mobilisations auxquelles nous devons et devrons répondre que ce soit contre la guerre de l’OTAN, le scandale du logement ou de la santé et plus globalement tout ce qui permettrait l’émergence d’un mouvement social… Mais aussi les campagnes nationales, unitaires ou pas, contre le TAFTA, la réforme territoriale, sur les mesures d’urgence sociales et écologiques ou « l’eau est un bien commun » qui vont toutes disposer rapidement de matériel pour se déployer.

Celle du temps moyen qui va nous voir travailler partout à construire le M6R pour faire de la 6ème République notre candidat contre l’ordre établi et les certitudes du vieux monde.

Le temps long, c’est l’horizon de l’écosocialisme que nous entendons construire comme une alternative globale et internationale face au capitalisme.

Il est déjà tard dans le siècle. Mais le PG n’entend pas se résigner à un avenir tragique. Au contraire la possibilité de construire une autre conscience collective dans la société est toujours à notre portée. Nous voulons montrer que la voie pour des jours meilleurs existe et qu’elle est enthousiasmante. Elle passera par et pour le peuple.

Le 5 octobre


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29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 23:13

Abstention : le 1er parti de France et d’Europe

Avec 57 % d’abstention en France comme en Eu  rope, la majorité des électeurs n’ont pas participé à ces élections européennes. Cette défiance est encore plus forte dans l’électorat populaire : 65 % des ouvriers, 68 % des employés, 69 % des chômeurs se sont abstenus d’après l’étude du vote réalisée par IPSOS.

Cette défiance est homogène dans toute l’Europe et montre à quel point l’UE est désormais déconnectée du peuple. L’abstention est encore plus massive dans les pays qui ont intégré le plus récemment l’Union européenne. L’abstention atteint ou dépasse ainsi les 70 % en République Tchèque, Pologne, Slovaquie, Hongrie, Roumanie, Bulgarie, Slovénie, Lettonie et Croatie.

Résultats en Europe :
la percée de l’autre gauche méditerranéenne

A l’image du succès de la CDU d’Angela Merkel, les partis de droite du PPE restent en tête au Parlement européen avec prés du tiers des sièges. Avec les sociaux-démocrates du PSE, la coalition majoritaire sortante conserve 54 % des sièges.

Pas de sursaut de la social-démocratie
Loin du succès annoncé par Martin Schulz, les sociaux-démocrates stabilisent leur nombre de députés. Leur rebond en Italie et leur progression en Allemagne masquent en réalité la poursuite d’un spectaculaire déclin dans le reste de l’Europe. Même en Allemagne, leur progression les place largement en dessous des scores historiques moyens des sociaux-démocrates allemands, alors même qu’ils disposaient de la candidature de Martin Schulz comme candidat à la présidence de la Commission. Dans plusieurs pays de l’Est, les sociaux-démocrates s’enfoncent sous les 10 %, notamment en Hongrie et en Pologne, pays qu’ils avaient pourtant dirigé pendant plusieurs années après la chute du mur de Berlin. Et dans les pays scandinaves, bastion de la social-démocratie européenne, ils sont loin de leurs scores historiques avec seulement 19 % par exemple au Danemark.

Une extrême droite ascendante mais divisée
Les partis d’extrême droite progressent fortement à l’image du Front National. Pourtant ils sont loin de constituer un "bloc europhobe" de 140 députés qui a été annoncé par la presse comme la principale nouveauté de cette élection. Les deux partis d’extrême drpote en tête en Grande-Bretagne et au Danemark refusent ainsi toute alliance avec le FN de Marine Le Pen. Quant au principal allié de cette dernière, le PVV du néerlandais Geert Wilders, il a réalisé une contre-performance électorale, tout comme son autre allié le Vlams Belang belge. Deux autres partis d’extrême droite en progression, le Jobik hongrois et Aube dorée en Grèce, font aussi bande à part par rapport au Front National. On est donc loin d’un "bloc europhobe" cohérent comme annoncé par les médias.

La percée de l’autre gauche méditerranéenne
Alors que les verts reculent de quelques sièges, les partis de l’autre gauche regroupés dans le groupe GUE progressent fortement. Le groupe GUE devrait ainsi voir son nombre d’élus passer de 35 à 53, soit une progression de 50 %, qui lui permet désormais de faire jeu égal dans le Parlement avec les Verts. Cette progression provient principalement des pays méditerranéens où l’autre gauche réalise une percée. Emmenée par Alexis Tsipras la coalition Syriza arrive en tête en Grèce avec 26,5 % (7 élus). L’autre gauche espagnole totalise 18 % entre l’alliance communiste Izquierda Plural (10 %, 6 élus) et le nouveau parti proche du mouvement des Indignés, Podemos (8 %, 5 élus). L’autre gauche remporte aussi 17 % au Portugal. Et elle retrouve aussi une représentation parlementaire européenne en Italie, avec 3 élus de la coalition Autre Europe.

Laurent MAFFEÏS
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Résultats en France :
la crise politique s’approfondit

Un mode de scrutin injuste…

Officiellement, les européennes se déroulent à la proportionnelle. Dans les faits, le mode de scrutin en 8 circonscriptions favorise les gros partis. Le PS sauve 13 sièges alors que son score national ne lui donne droit qu’à 10. L’UMP emporte 20 sièges alors que son score ne lui en aurait donné que 15 à la proportionnelle nationale. Le FN tire le jackpot : avec 24,85% des voix, il empoche 32% des sièges soit 24 élus. Dans le Nord-Ouest, la liste de Marine Le Pen empoche même la moitié des sièges (5 sur 10) avec moins d’un tiers des suffrages.
A l’inverse le FDG aurait eu un élu supplémentaire à la proportionnelle nationale. Surtout, le seuil pour participer à la distribution des sièges est officiellement de 5%. Mais le FDG n’obtient que 4 élus alors qu’il le franchit dans les 8 circonscriptions du pays.

Le FN en tête
Le Front National arrive en tête d’une élection nationale pour la première fois de son histoire. Avec 4,7 millions de voix, il obtient 24,85% des suffrages. Son score est homogène. Le FN dépasse les 10% des exprimés dans tous les départements sauf Paris, Mayotte, la Martinique et la Guadeloupe. Il arrive premier dans 5 des 8 circonscriptions (Nord-Ouest, Est, Sud-Est, Sud-Ouest, Centre) et 71 départements. Seuls l’Ouest et l’Ile-de-France, zones traditionnellement plus faible, placent l’UMP en tête, le FN plafonnant sous les 20% des exprimés.
Avec 4,7 millions de voix, le FN ne retrouve cependant pas les 6,4 millions de voix de Marine Le Pen à la présidentielle de 2012. Mais il dépasse d’un million son nombre de voix des législatives 2012 (1er tour), dernière élection nationale, alors que la participation y était nettement plus forte. Par rapport aux élections européennes de 2009 où la participation était équivalente, le FN multiplie son nombre de voix par plus de 4 (il obtenait 1,1 millions de voix).
D’où viennent ces voix ? Seule une analyse bureau de vote par bureau de vote permettrait de le savoir avec exactitude. Mais de toute évidence, le score du FN s’explique principalement par une plus grande mobilisation de son électorat et plus modestement par un jeu de vase communicant avec la droite « classique ». Aux européennes de 2009, le total des listes de droite et extrême-droite cumulait 8,6 millions d’électeurs. Cette année, il atteint 11,7 millions, trois millions de plus, uniquement tiré par le FN. Les listes de droite « classique » reculent de 450 000 voix. Le total, 3,5 millions, correspond exactement aux progrès du FN.

Crise à droite
Le FN est-il en train de prendre la tête de l’opposition de droite à François Hollande ? La question mérite d’être posée. Car l’UMP ne réussi pas à remplir ce rôle. Avec 3,9 millions de voix, l’UMP retrouve à peine la moitié des voix de la majorité sarkozyste sortante aux législatives de 2012 (8 millions). Elle obtient même 860 000 voix de moins qu’aux européennes de 2009. La tribune de Nicolas Sarkozy publiée à trois jours du scrutin n’aura pas mobilisé.
La défection du centre-droit (l’UDI de Jean-Louis Borloo se présentait cette année avec le Modem alors que ses composantes participaient aux listes UMP en 2009 et 2012) ne suffit pas à expliquer ce recul de l’UMP. Le total des voix centristes, UMP et divers droite est en recul par rapport aux législatives de 2012 (-2,5 millions) comme par rapport aux européennes de 2009 (-500 000 voix). Une part non négligeable des électeurs du centre-droit et de la droite a donc préféré s’abstenir ou voter FN.
C’est particulièrement visible dans certaines circonscriptions comme le Sud-Ouest. Avec 8,6% des voix, le candidat UDI-Modem Robert Rochefort obtient un score identique à celui de 2009 (8,61%) alors que la liste UMP s’effondre, passant de 26,7% en 2009 à 18,5% seulement. Même dans l’Ouest où l’UMP reste devant le FN, le parti de Jean-François Copé passe de 27,2% à 19,6%. La liste UDI-Modem ne récupère que la moitié des pertes.

Le PS à son plus bas historique
L’UMP ne profite pas de la démobilisation des électeurs de gauche. Le PS est pourtant frappé très violemment. Après la bérézina des municipales, il essuie une deuxième déroute. Avec 13,98% des suffrages exprimés, le PS réalise son pire score à une élection nationale depuis 1965. Il fait pire qu’aux législatives de 1993, pire qu’à la présidentielle de 2002, et même pire que Michel Rocard aux européennes en 1994 (14,3%).
Le PS obtient à peine 2,6 millions de voix. C’est 200 000 voix de moins qu’en 2009. Surtout, le PS est le parti qui perd le plus d’électeurs par rapport aux élections législatives de 2012. Il perd 5,4 millions de voix. Le PS perd 67% de ses voix des législatives quand la participation ne recule que de 25% ! Après les élections municipales, le nouveau Premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis jugeait que « les électeurs de gauche nous ont fait la grève ». C’est manifestement une grève reconductible.
Combinée à la sortie d’Europe Ecologie du gouvernement, c’est l’assise sociale de la majorité gouvernementale qui est réduite à un niveau jamais atteint. Les quatre dernières élections européennes ont toutes été organisées deux ans après l’élection d’une nouvelle majorité parlementaire. La comparaison est donc facile. Elle est édifiante pour François Hollande. En 1999, deux ans après sa victoire de 1997, la gauche plurielle totalisait encore 38% des voix. En 2004, deux ans après la réélection de Jacques Chirac, la majorité gouvernementale UMP-UDF rassemblait encore 29%. En 2009, deux ans après la victoire de Nicolas Sarkozy, l’UMP atteignait 28%. Cette année, seuls les listes du PS-PRG soutenaient le gouvernement. Elle recueillent donc 13,98% ! Manuel Valls n’a pas de base sociale dans le pays.

Le PS emporte (presque) tout dans sa chute
Le PS emporte presque toute la gauche dans chute. Le total des partis de gauche et d’extrême gauche est terriblement bas. En 2009, ce « total gauche » dépassait les 45%. En 2012, aux législatives, il flirtait avec les 48%. Cette année, il atteint péniblement les 34% ! La politique de François Hollande met en danger tout le monde à gauche, même ceux qui la combattent ou la critiquent ! Sa sortie du gouvernement a permis à Europe Ecologie de retrouver ses électeurs des législatives de 2012 (1,7 million de voix contre 1,4 million en 2012). Mais cela n’a pas empêche l’effondrement par rapport aux européennes de 2009 : le parti perd 40% de ses voix soit plus d’un million de suffrages. Même chose pour les listes d’extrême gauche (NPA, LO). Elles améliorent leur score des législatives 2012 mais s’effondrent par rapport à 2009. C’est particulièrement vrai du NPA qui récoltait 4,88% des voix et ne dépasse pas 1% cette fois-ci.

Front de Gauche : entre résistance et ressac
Dans ce contexte, le Front de Gauche résiste. Il est la seule force de gauche à gagner quelques voix par rapport aux européennes de 2009. Avec 1,25 million de voix, il obtient 6,61%. C’est un peu mieux qu’en 2009 où le FDG totalisait 1,1 million de voix et 6,48%. Contrairement à 2009, le FDG franchit la barre des 5% dans toutes les circonscriptions. Dans les 7 circonscriptions métropolitaines, le FDG progresse en voix par rapport à 2009. Les gains sont plus forts dans l’Est (+ 42 000 voix pour Gabriel Amard) et dans le Sud Ouest (+38 000 voix pour Jean-Luc Mélenchon). Dans les 7 circonscriptions, le FDG recule en voix par rapport aux législatives de 2012. Les pertes sont plus lourdes dans le Nord Ouest, l’Ile-de-France et le Sud-Est où elles dépassent 100 000 voix.
La résistance nationale ne masque pas un score décevant. Le recul en voix du par rapport aux législatives de 2012 est plus important que la baisse de participation. (-33% des voix pour -25% de participation). Cette tendance est confirmée par le sondage IPSOS « comprendre le vote des Français » réalisé à la veille du vote. Il indique qu’environ un quart des électeurs de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle a de nouveau voté pour le Front de Gauche, un quart s’est porté sur d’autres listes de gauche (EELV, Nouvelle Donne…) et la moitié s’est abstenu.
Dans le détail, Jean-Luc Mélenchon dans le Sud-Ouest, Gabriel Amard dans l’Est et Myriam Martin dans l’Ouest améliorent le score du FDG par rapport à 2009 mais aussi par rapport aux législatives de 2012. Gabriel Amard est celui qui progresse le plus par rapport à 2009 (+1,35 point). Jean-Luc Mélenchon est celui qui progresse le plus par rapport aux législatives 2012 (+0.73 point). Comme en 2009, Jean-Luc Mélenchon obtient le meilleur score du FDG avec 8,6% dans le Sud Ouest, améliorant son résultat de 2009. Il progresse en voix dans la totalité des 18 départements de la circonscription.

Dans des terres à forte influence communiste, Corinne Morel Darleux et Jacky Hénin voient leur score reculer par rapport à 2009 et 2012 en pourcentage. Corinne Morel Darleux améliore cependant le score par rapport à 2009 dans certains départements comme le Puy-de-Dôme (+ 2 000 voix et + 0,33 point). Le recul le plus important concerne le Nord-Ouest où Jacky Hénin n’est pas réélu. Il est le seul député sortant FDG dans ce cas. Marie-Christine Vergiat dans le Sud-Est, Patrick Le Hyaric en Île-de-France, Younous Omarjee outre-mer et Jean-Luc Mélenchon sont réélus.

 

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29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 22:31
newlogopg23
Communiqué de Presse du comité creusois du Parti de Gauche suite aux élections européennes :

Le résultat des élections européennes de dimanche dernier est une nouvelle terrible pour le pays et pour le peuple Français. Sur fond d'abstention massive, le Front national arrive en tête en Creuse comme au niveau national. Cela semble révéler un certain ancrage des idées xénophobes. C’est aussi l’expression de la colère du peuple et d’un rejet contre des politiques libérales injustes et destructrices socialement menées par les gouvernements successifs du PS et de l'UMP.
  
Cette colère ne s'est pas exprimée massivement avec le bulletin de vote du Front de Gauche. Les différences de vision stratégique qui nous ont empêchées de présenter au peuple une gauche indépendante aux municipales ont sûrement contribué à brouiller notre message et ont nuit à notre lisibilité. Si, en comparaison avec les européennes de 2009, le Front de Gauche est en progression de 600 voix (+16 %) en Creuse et avec prés de 10% conforte sa position de 4eme force politique dans notre département, la gauche alternative n'a toutefois pas fait le plein de ses voix. C'est une déception pour nous qui entendions donner un contenu positif à la colère, en proposant une alternative aux politiques d'austérité qui font tant de mal dans le pays et en Europe. 
Il faut admettre que l'échec et les renoncements du PS et les trahisons de leur gouvernement abîment la gauche toute entière dans le cœur des français-e-s. Ainsi la gauche est nationalement à son plus bas niveau historique avec 34% des suffrages. Comment peut-il en être autrement quand le parti gouvernemental (PS) fait une politique de droite après s'être fait élire pour le changement et pour déclarer la guerre à la finance?
  
Quand les parlementaires creusois du PS votent pour l’austérité à l'inverse de leurs engagements de campagne. Quand le PS soutient à la candidature à la présidence de la commission européenne, Martin Schulz qui est l'artisan de l'alliance des sociaux démocrates et de la droite d'Angela Merkel en Allemagne?
A cela que répond le Président Hollande : On continue sur la même voie ! 
A cela que répond le Premier ministre Valls : il faut accélérer les réformes !

Devant un UMP englué dans les affaires, devant un PS incapable, le Parti de Gauche, dans le cadre d’un Front de Gauche élargi, doit faire entendre ses propositions alternatives basées sur l’HUMAIN et l’intérêt général et non pas sur la haine et le rejet de l’autre.
  
Le comité creusois du Parti de Gauche déclare :
  
  • Etre disponible à travailler immédiatement au  rassemblement de tou-te-s les femmes et hommes de gauche, républicain-ne-s et écologistes qui se placeront sans ambigüité en opposition avec les artisans de la débâcle à gauche.
  • Nous appelons à continuer le travail de mobilisation citoyenne autour de la lutte contre l'austérité, contre le projet de traité transatlantique, contre le libéralisme et le productivisme.
  • Il est temps aussi de prendre parti, de s'engager, de nous rejoindre pour construire ensemble un Front de Gauche écosocialiste à la hauteur de l'espoir qu'il faut faire renaître en France et en Europe et faire obstacle à la haine.
 
Comité creusois du Parti de Gauche

Pour nous contacter :
adresse postale : BP 80152 - 23004 Guéret 
téléphone : 0617927264
réseaux sociaux :
Twitter: @LePG23
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28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 15:38
Appel de citoyen-e-s, élu-e-s, syndicalistes, militant-e-s associatifs limousins

L’affaire Cahuzac suscite la colère et la nausée. Ce n’est pas une question de morale comme veulent nous le faire croire les médias, le gouvernement, et de nombreux hommes et femmes politiques, mais bien une affaire politique. Cette affaire ne révèle pas  seulement la malhonnêteté d’un homme. Elle met à jour, une nouvelle fois, un système oligarchique profondément néfaste, une démocratie à bout de souffle, la collusion grandissante entre les hautes sphères financières et les hommes à la tête de l’Etat. Il faut mettre fin au règne de la finance.

L’heure n’est pas au bricolage ou aux vœux de vertu, mais à la réorientation de la politique du pays et à la refonte du cadre institutionnel. Au moment où le gouvernement demande au plus grand nombre de se serrer la ceinture et après l’intervention télévisée d’un Président qui confirme ne rien vouloir changer, cet épisode misérable précipite la crise politique.

La défiance des citoyennes et citoyens à l’égard des responsables politiques atteint son seuil critique. L’oligarchie croit en sa toute puissance, en son impunité. C’est pourquoi la réplique doit être forte et claire. Nous défendons la perspective d’un processus constituant pour une nouvelle République. Redéfinir les règles sociales et démocratiques est le moyen pour que le peuple reprenne le pouvoir. La VIe République visera à élargir le socle des droits, à étendre la souveraineté populaire, à favoriser la démocratie sociale.

C’est pourquoi, élu-e-s, militants associatifs et syndicaux, responsables politiques de la région Limousin, engagé-e-s contre la finance, l’austérité, la crise sociale, écologique et démocratique de notre société, nous soutenons l’appel à une grande marche citoyenne pour la 6ème République le 5 mai à Paris.
Pour signer l'appel : http://www.marchepourla6eme.fr/?p=686


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