parti politique de gauche, républicain et écologiste Creuse Limousin
Il est toujours plus évident et nécessaire de continuer à bâtir une force politique à gauche dans la continuité de Limousin Terre de Gauche pour dépasser gràce aux citoyen-ne-s, un PS qui montre qu'il peut se montrer peu fiable dans ses engagements.
Intervention en plénière 13 avril 2011 de Laurence Pache (PG - LTG) pour le groupe Limousin Terre de Gauche
C'est un intéressant exercice qui est le nôtre aujourd'hui où nous sommes amenés à nous prononcer sur le financement par le CR Limousin d'une infrastructure non située sur son territoire. Nous vivons des temps formidables où nous inventons la péréquation à l'envers : la plus petite région de France met la main à la poche pour contribuer à des équipements qui ne la concernent pas. Il fut des temps où l'Etat se chargeait du
financement des équipements structurants.
Tout ceci pour obtenir un hypothétique barreau Poitiers-Limoges que nous ne voyons pas, à part dans les déclarations d'intention des parties qui conventionnent. Ce n'est pas la disparition de l'article 4 de la délibération
de 2008 qui nous convaincra. Cette disparition de la clause de simultanéité c'est déjà un recul sur les engagements pris à l'époque par l'exécutif régional et le montage qui le remplace n'a rien de clair.
Mais pire encore : où est le POLLT ? On voit bien ici ce que nous n'avons cessé de dire depuis des mois. Les deux projets sont incompatibles dans leur financement comme dans leur usage. Prétendre le contraire au moment où le plan de financement de la LGVSEA n'est pas bouclé serait se payer de mots. On peut fort bien dans les discours soutenir l'idée qu'on maintiendra les deux options, mais les faits sont têtus. D'amélioration de la ligne POLLT plus personne ne parle, si ce n'est les citoyens, syndicalistes, associations, élus qui se battent pour conserver cet axe structurant pour le centre de la France, et plus conforme aux intérêts des citoyens limousins.
Cet axe, c'est celui qui irrigue 32 départements, 7 grandes agglomérations, 4 régions, 16 gares qui permet le fret, enfin qui permet un réel aménagement équilibré du territoire, et pas seulement de la seule agglomération de Limoges. Nous avons besoin de cet axe qui est une des trois radiales ferrées nécessaires à un véritable aménagement du territoire, et à l'instar de l'association Urgence Polt, et du voeu de l'AMAC voté samedi dernier, nous souhaitons le raccordement du Polt au Pocl, avec connexion entre Vierzon et Bourges. C’est la solution du Y renversé. A l'opposé, la LGV Limoges-Poitiers c'est la disparition du fret, le saccage écologique des zones où elle va passer, le rallongement du temps de parcours pour les creusois, c'est une flambée annoncée des prix du billet!
Mais il faut bien alimenter l'infrastructure dont Vinci entend tirer des profits à venir. C'est un fantastique bond en arrière que nous accomplissons ! La nationalisation des entreprises du rail en 1937, dans la foulée du gouvernement du front populaire permit de créer la SNCF.
Quelle erreur que la séparation SNCF/RFF! Même Guillaume Pépy dans le Monde du 26 mars reconnaît que ce fut une erreur, c'est un comble ! La création de la SNCF était portée par la vision profondément politique et humaniste du progrès humain, mue par l'idée que la coopération était plus conforme à l'intérêt général que les appétits de lucre stimulés par la concurrence.
Maintenant nous sommes à l'heure des « Partenariats public privé », et dans son communiqué de presse du 10 mars, Nathalie Kosciusko Morizet (NKM) s'en glorifie. Ce projet auquel Mr le président socialiste d'une région de gauche, vous nous demandez d'adhérer sera pour elle un exemple pour la libéralisation du rail à l'échelle européenne ! Quoiqu'il en soit, nous sommes rassurés, Vinci pourra empocher les profits et répercuter les éventuels déficits sur les collectivités signataires. C'est NKM elle même qui le dit : Vinci va construire la ligne et « en contre partie, il percevra les recettes de péages générées par la circulation des trains ainsi qu'une subvention d'équilibre versée par l'Etat, les collectivités territoriales et RFF ». Ouf ! Si nous avions des doutes sur la rentabilité financière de l'opération pour le concessionnaire, nous voilà éclairés. Tout va pouvoir continuer selon ce fameux principe de la privatisation des profits et de la socialisation des pertes.
C'est donc une aventure budgétaire hasardeuse dans laquelle vous voulez nous entraîner. On peut mesurer la gravité de l’engrenage en lisant le Figaro d’aujourd’hui qui nous apprend que Vinci, avant même que le projet ait commencé à exister, demande déjà une rallonge de 60 millions d’€ à RFF !
De fait après avoir subi l'étranglement budgétaire imposé par l'Etat, nous inventons l'étranglement budgétaire choisi. Il y a de l'argent pour cela, alors pourquoi n'y en a-t-il pas pour financer la gratuité des transports que nous appelons de nos voeux ? Si cela est impossible, alors cessez d'invoquer le désengagement de l'Etat alors que vous jetez des millions par la fenêtre !