parti politique de gauche, républicain et écologiste Creuse Limousin
Alors que plusieurs milliers de citoyens, face aux lances à eau de la police, défilaient samedi soir à Nantes aux slogans de "Ayrault, démission", ce dernier a enfin jugé bon, après 40 jours d’affrontements, d’appeler "à l’apaisement". Las, les forces de l’ordre étaient de retour sur la zone et usaient à nouveau de gaz lacrymogènes dès 23h.
Où est l’apaisement ? Le Parti de Gauche demande le retrait total des forces de police de la ZAD, préalable à tout "apaisement" et réaffirme son soutien aux opposants.
Le gouvernement a annoncé le report de 6 mois des travaux de défrichement avec la création d’un comité scientifique et d’une commission chargée d’"entendre toutes les parties prenantes". Il reconnait donc à mi-mots que ce n’était pas le cas jusqu’ici. Le collectif d’élus Cédpa appréciera, lui qui a déjà commandité une étude alternative auprès d’experts indépendants et saisi la justice européenne pour un recours en matière de Loi sur l’eau.
Mais patatras ! Matignon indique, après ces bonnes intentions, que "le Premier ministre réitère l’engagement du gouvernement à contribuer au développement économique et social du Grand Ouest, dont le projet de transfert de l’aéroport de Nantes à Notre-Dame-des-Landes est une composante", soutenu par les trois Ministres de l’écologie, des transports et de l’agriculture.
Où sont le dialogue et l’écoute ? Qui peut croire, comme l’ont indiqué les trois Ministres, que "conforter les initiatives en faveur du respect de la biodiversité et de la préservation des terres agricoles" peut passer par le bétonnage de 1600 hectares de terres situées en plein bocage et zones humides ?
Le Parti de Gauche réitère son refus du projet d’aéroport de Notre Dame des Landes et appelle à poursuivre la lutte juridique et militante pour que cet aéroport inutile, coûteux et nuisible ne voit pas le jour.
Tôt ce vendredi 23 novmbre au matin, plusieurs centaines de policiers ont à nouveau tenté d’expulser les résistants de la Zone À Défendre (ZAD). La répression n’aura pas tardé à se remettre en place après la courte trêve de ce week-end.
Jean-Marc Ayrault n’a pas saisi la mesure de ce qu’il se passe à Notre-Dame-des-Landes. Le Parti de Gauche dénonce l’action d’un gouvernement qui n’entend pas les dizaines de milliers d’opposants venus de toute la France réunis sur place le 17 novembre.
Qui protège les intérêts privés de Vinci, se plie aux desiderata du Medef et recherche l’approbation des agences de notation mais envoie les forces de l’ordre contre le peuple qui résiste. Qui impose ce Grand Projet Inutile contre toute logique écologique et sociale. La répression et la criminalisation des militants ne peut être tolérée comme seule réponse d’un gouvernement qui se dit de gauche !
Le Parti de Gauche reste mobilisé et rappelle son soutien à tous les opposants au projet d’aéroport. Il promet qu’il continuera à tout mettre en œuvre pour soutenir les résistances et adresse son soutien révolté, combatif et chaleureux à celles et ceux qui occupent la Zone À Défendre.
Des dizaines de milliers de militants ont manifesté, samedi 17 novembre, leur opposition au projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Dans le long cortège, des militants du PG, présent depuis sa création dans cette lutte, parmi eux Jean-Luc Mélenchon et Corinne Morel-Darleux, SN à l’écologie.
Le projet d’un « aéroport du Grand Ouest » n’est pas neuf : il remonte à 1965 (époque du Concorde), au projet de la DATAR (Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale) de création de « métropoles d’équilibres ». Le préfet de Loire-Atlantique décide alors d’entamer « la recherche d’un nouveau site aéronautique pour les régions Bretagne et Pays de la Loire ».
Cette recherche aboutit à la détection d’un emplacement au nord-ouest de Nantes. Un Schéma Directeur Régional Métropolitain dans lequel figure le projet de nouvel aérodrome sur le site de Notre-Dame-des-Landes et le Schéma Directeur de l’Équipement Aéronautique (SDEA) préconisant de « réserver l’avenir aéronautique des métropoles d’équilibre en permettant à chacune, le moment venu, d’engendrer des liaisons long-courriers », aboutissent à un arrêté préfectoral créant sur ce site une Zone d’Aménagement Différé (ZAD) de près de 2000 ha.
La crise pétrolière des années 70 met en veille ce projet d’aéroport. Celui ci est ressorti des tiroirs par le gouvernement Jospin au début des années 2000 et en 2002 le Syndicat Mixte d’Études de l’Aéroport de Notre-Dame-des-Landes est créé.
Suite à l’avis favorable de la Commission d’enquête du 13 avril 2007, le décret d’utilité public est publié le 10 février 2008 sous réserve que ce projet soit de « haute qualité environnementale ». Et ce malgré le gel par le Grenelle de l’environnement de la construction de toute nouvelle infrastructure aéroportuaire.
En 2010 est signé le contrat de concession d’une durée de 55 ans entre l’État et le groupe Vinci. La date du commencement des travaux est prévue en 2013 pour une livraison en 2017.
Un projet controversé
La poursuite de ce projet d’aéroport du Grand Ouest sous l’impulsion du nouveau premier ministre Jean Marc Ayrault participe de cette manifestation du caractère anti-écologique mais aussi autoritaire du nouveau gouvernement PS/EELV. Car à l’heure où il faudrait amorcer enfin la transition écologique de la société, ce gouvernement persiste dans la réalisation d’un projet qui est une aberration tant du point de vue économique qu’écologique.
La ZAD de Notre-Dame-des-Landes se situe au cœur de près de 2000 ha de bocage, composé à 98% de zones naturelles humides indispensables au maintien d’une biodiversité qui demeure plus riche ici que sur le reste du territoire de Loire-Atlantique. La construction de cet aéroport mais aussi de toutes les infrastructures routières et ferroviaires attenantes détruirait ainsi de manière irréversible des terres encore préservées.
À contre courant donc des promesses du gouvernement lors de la conférence environnementale de ralentir l’artificialisation des sols. De plus, la volonté du gouvernement de poursuivre coûte que coûte ce projet méconnaît l’impasse actuelle dans laquelle nous nous trouvons en ce qui concerne nos modes de vie. En effet, le transport aérien est l’un des principaux responsables d’émission de gaz à effet de serre.
L’objectif de continuer à croître dans ce domaine constitue donc un danger climatique et un renoncement aux engagements (minimes et insuffisants) de réduction des émissions des gaz à effet de serre. Il illustre aussi la vision du gouvernement, et du capitalisme repeint en vert, concernant la réduction des GES : les efforts se partagent entre les pauvres pour que les riches puissent continuer avec leurs projets et modes de vie insoutenables pour la planète.
Ces 2000 ha de bocage abritent aujourd’hui une agriculture paysanne, extensive et créatrice d’emplois. Le bocage est une technique ancestrale permettant de protéger les terres agricoles de l’érosion mais aussi d’apporter naturellement de la matière organique aux sols. Une destruction de ces terres serait donc non seulement une tragédie écologique mais aussi un grave préjudice porté à la recherche indispensable d’un autre mode d’agriculture débarrassé de son versant productiviste insoutenable sur le long terme.
D’un point de vue économique, ce projet est loin de tenir ses promesses. Il constitue même un contre-sens économique. En 2011, une étude indépendante du cabinet d’étude européen CE Delft, à la demande du CéDpa (le collectif d’élus opposés au projet), a réévalué le coût du projet à 600 millions d’euros (490 annoncés). Cette même étude a conclu à un projet déficitaire pour la collectivité de 100 à 600 millions d’euros selon les hypothèses et préconise un réaménagement de l’aéroport de Nantes Atlantique qui est loin d’être saturé pour éviter le survol de la ville de Nantes et réduire les nuisances sonores.
Selon le Canard Enchaîné (2008), en prenant en compte le coût des infrastructures complémentaires nécessaires, le coût total de ce projet pourrait s’élever à 4 milliards d’euros ! Cerise sur le gâteau, les collectivités locales ont décidé de prêter à la multinationale Vinci gestionnaire pendant 55 ans de l’aéroport la bagatelle de 115,5 millions d’euros !
La proximité entre la multinationale Vinci et le Parti Socialiste est d’ailleurs assez troublante. À titre d’exemple, l’ancien Directeur général délégué de Vinci Concessions (dont Vinci Airport est une filiale) entre 2002 et 2008, David Azema, vient d’être nommé commissaire aux participations de l’État par le premier ministre et le ministre du redressement productif. De plus l’actuel président de Vinci Airport, Nicolas Notebaert, fut un temps en poste au Ministère de l’Équipement et des Transports entre 1995 et 2002…
ZAD « Zone A Défendre »
Face à ces multiples preuves d’un projet mal ficelé de bout en bout et guidé par le seul fil d’une idéologie productiviste d’un capitalisme repeint en vert pour l’occasion, la lutte sur place est ancienne et s’accentue au fur et à mesure que les expropriations de terres se multiplient et que le gouvernement tente de passer en force.
Dès les prémices de ce projet, des agriculteurs inquiets se groupent au sein de l’ADECA (Association de Défense des Exploitants Concernés par l’Aéroport). Mais c’est avec la remise en avant du projet au début des années 2000 que les opposants commencent véritablement à s’organiser. Ainsi en 2000 est créée l’ACIPA (Association Citoyenne Intercommunale des Populations concernées par le projet d’Aéroport de Notre-Dame-des-Landes).
Tout s’accélère en 2009 quand, à la suite d’actes de sabotages lors des opérations de forage d’étude du sol, la zone est gardée militairement. Un appel à l’occupation des maisons abandonnées et de la zone est alors lancé et 16 lieux sont occupés en soutien aux opposants locaux. Une semaine de la résistance est aussi co-organisée par le Parti de Gauche entre le 1er et le 9 Août 2009 avec la présence sur place des militants PG.
Le Collectif d’élus Doutant de la pertinence de l’aéroport (CéDpa) est constitué la même année, avec en son sein le sénateur François Autain et la conseillère générale de Loire Atlantique Françoise Verchère tous deux membres du PG. Le PG est présent sur le site de NDDL chaque été pour marquer son opposition à ce projet et a participé, entre autre, au 2ème forum européen contre les grands projets inutiles qui s’est tenu à NDDL des 7 au 11 juillet 2012. En avril 2012 une grève de la faim de plusieurs agriculteurs et élus (dont Françoise Verchère) a reçu le soutien de Martine Billard.
Depuis le 14 octobre, les forces de l’ordre (plus de mille gardes mobiles) procèdent à une évacuation massive des squats, une dizaine de maisons ont été détruites ainsi que plusieurs cabanes. Le nouveau gouvernement Ayrault a choisi la voie de la force. Plus que jamais la lutte s’organise, sur place et nationalement.
Arthur Morenas
Crédit photos photosdegauche.fr (stef.burlot)